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Les fantômes zen – Jon J Muth

Me revoici avec un nouvel album que les éditions Fei me font découvrir : Les fantôme zen de Jon J Muth.

Plusieurs point ont attiré mon attention sur la couverture de cet album : le nom de l’auteur (j’avais beaucoup aimé son interprétation du conte de la soupe au caillou), la présence d’un panda (love panda for ever <3 ) et le mot zen. C’est donc avec beaucoup de curiosité que j’ai abordé cet album à la couverture sombre, invitant au songe et à la contemplation.

Le secret de la cascade, Minorités, jeunesse, les éditions fei, bande dessinée chinoise

L’histoire qui nous y attend commence un soir d’Halloween. Nous ne sommes pas vraiment dans ce que j’appellerais un ambiance zen ! Les déguisements, les enfants qui grouillent de partout, l’excès de sucre et d’excitation… Mais rien ne perturbe la tranquillité de Source-Tranquille, ce gros panda que nous avons pu apercevoir en couverture. Il garde toute sa nonchalance et son air de douce peluche géante. Après la course aux bonbons, Source -Tranquille invite ses trois amis, Michael, Karl et Addy, à écouter une histoire de fantômes. Pour cela ils vont s’isoler dans une maison ou un panda en tout point semblable à Source-Tranquille se met à conter l’histoire de Ochu et Senju, deux jeunes gens qui s’aiment depuis l’enfance et que l’on va séparer par un mariage arrangé. Je ne vous raconterais pas la suite pour laisser la magie de la découverte. C’est une jolie histoire qui m’a surprise tout en étant très classique.

Et pou cause, tout comme dans La soupe au caillou l’auteur reprenait un conte classique, ici c’est dans le recueil La Barrière sans porte écrit par le moine bouddhiste Wumen Huikai (1183-1260) que Jon J Muth pioche cette histoire de fantôme. Des explications à la fin de l’album nous en apprennent plus sur l’origine de l’histoire. A la lecture de celles-ci, le récit prends une autre mesure, bien plus philosophique et c’est encore plus beau.

Jon J Muth nous offre une histoire de fantôme qui ne fait pas peur pour une ambiance Halloween adapté à tous les âges et tous les tempéraments. Mais aussi un moment de méditation et d’interrogation. Les dessins sont très doux et apaisants, ce qui font de cet album une lecture du soir idéale.

Un joli livre aussi pour les fan de panda.


Merci aux éditions Fei pour cette lecture.

Le secret de la cascade, Minorités, jeunesse, les éditions fei, bande dessinée chinoiseLes fantômes Zen
Auteur/illustrateur : Jon J Muth
sorti le : 09/09/2016
Prix public : 14,9€
Pagination : 40 pages, couleurs
Format : 24 cm x 25 cm cartonné
ISBN : 978-2-35966-257-3

sur le site de l’éditeur 


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Beignets de tomates vertes – Fannie Flagg

La première fois que j’ai entendu parler de ce roman c’était… dans un roman 🙂 Dans bibliothèque des cœurs cabossé plus précisément. ça m’avais donné envie et puis je suis tombée dessus par hasard et voilà un roman tout désigné pour des livres en cuisine, avec un titre pareil je pouvais pas manquer ça.

Et tant mieux ! Parce que j’ai adoré ce bouquin. Il se lit tout seul.

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Avec des sauts dans les époques et les points de vue, Fannie Flagg nous fait vivre l’histoire d’un petit village paumé dans l’Alabama : Whisle Stop, construit sur le bort du chemin de fer. On y découvre une famille haute en couleur, aimé de tous, avec de nombreux enfants. Dans le café ouvert par la cadette de la famille tous les habitants du village se retrouvent pour un déjeuner où simplement échanger.

C’est à travers les souvenirs de Ninny, une vielle dame rencontrée dans le salon de la maison de retraite où elle doit chaque dimanche rendre visita à sa belle-mère acariâtre, qu’Evelyn, une femme au foyer un peu forte en pleine crise existentielle, découvre l’histoire de ce bled paumé. Au fil de ses rencontres avec Ninny, elle commence à s’attacher aux habitants du village. Leur histoire à travers les années 20, 30 et 40 lui donne du courage pour affronter sa vie de femme des année 80. Les souvenirs de Ninny ne suivent pas toujours un ordre chronologique, elle raconte au fur et à mesure que les souvenirs remontent. Avec elle on découvre cette Amérique profonde dépeinte avec beaucoup de tendresse où l’on est raciste plus par tradition que par conviction et où la force d’une femme pas comme les autres fait bouger doucement les choses par son caractère en acier trempé mais surtout par son infinie générosité. On s’attache aux personnages, même ceux qui ne sont pas vraiment recommandables, parce qu’en chacun se cache une part de générosité.

En parallèle on découvre aussi la vie déprimante de Evelyn qui a grandi et vieilli dans des certitudes qui s’ébranlent les une après les autres. C’est grâce à la bienveillance d’une vielle femme inconnue et à ces souvenir qu’Evelyn trouve le courage de se chercher vraiment. Evelyn est très touchante car toute sa vie durant elle a essayé de correspondre à cette image de l’épouse parfaite qu’on lui a inculqué et maintenant que la ménopause lui ouvre les bras elle se rend compte à combien de lieu de ses convictions profondes elle avait tâché de vivre.

Il se dégage de ce livre des tonnes de bienveillance et d’amour mais c’est toujours dosé comme il faut pour ne jamais tomber dans la mièvrerie. Il y a aussi beaucoup d’humour et une certaine nostalgie pour le temps qui passe et une époque où il était peut-être plus facile de communiquer, où la solidarité unissait la communauté.

J’ai pris énormément de plaisir à déguster ces pages.

Vous vous demandez peut-être si en dehors du titre il peut y avoir un lien entre le roman et le challenge des livres en cuisine ? Et bien il y en a un. Une grande partie du récit se déroule dans le café de Whistle Stop connu pour son barbecue et sa cuisine pas chère et généreuse. Cuisine dont on nous parle beaucoup. Voici un aperçu de ce qu’on y mange : « du poulet frit, des haricots noirs, des petits navets, des beignets de tomates vertes, du pain à la farine de maïs et du thé glacé ». J’avais envie de préparer ce menu pour le challenge mais… c’est pas vraiment la saison des tomates ! Faudra attendre l’été prochain pour que je tente l’expérience. Je n’aurais même pas besoin d’improviser comme je le pensais puisque à la fin du livre on retrouve quelques recettes du Whistle Stop Café.

#deslivresencuisine

Une photo publiée par Bidib Ma Petite Médiathèque (@bidibmpm) le

Mais la relation entre la cuisine et ce roman ne s’arrête pas là. Le personnage d’Evelyn est particulièrement attaché à la nourriture. A chaque fois qu’on la voit elle est en train de manger. Elle se goinfre par gourmandise mais aussi pour calmer son stress. Sa relation à la nourriture n’est pas sans complexes puisqu’elle se trouve toujours trop grosse, mais il lui est impossible de résister.

Bref dans ce roman la nourriture est omniprésente ajoutant à la bienveillance générale, le fumet d’un bon plat ne met-il pas tout le monde de bonne humeur ?

Si vous n’avez pas encore lu ce roman, je vous le conseille vivement. Il se lit très vite et ça détend. De quoi oublier le stress de la journée et retrouver le sourire. Un lecture parfaite pour moi qui lis dans le train pour le trajet maison-travail tous les jours.

Le roman a été adapté en film par Jon Avnet en 1991. Je vous laisse découvrir la bande-annonce. Moi je m’en vais le réserver à la médiathèque 😉


Beignets de tomates vertes
Beignets de tomates vertes Bande-annonce VO


Des livres en cuisine

Brokeback Mountain – Annie Proulx

C’est dans la pochette surprise de la médiathèque que j’ai découvert cette nouvelle de Annie Proulx. Je connaissais déjà Brokeback Mountain pour en avoir vu l’adaptation cinématographique en 2005, mais j’ignorais que c’était une adaptation. Il y a quelques semaines j’ai emprunté une pochette surprise (4 documents dont on ignore tout si ce n’est le thème commun inscrit sur la poche) intitulé “follement gay”. Quel ne fut ma surprise en découvrant Brokeback Mountain et d’apprendre que c’était une nouvelle tirée du recueil Les pieds dans la boue d’Annie Proulx daté de 1999.

Je garde un souvenir très ému du film. J’étais ressortie les yeux rouges de larmes mais heureuse. Un très beau film, une histoire terriblement triste. C’est donc avec nostalgie et plaisir que j’ai plongé dans la nouvelle.

Jack et Ennis se rencontrent alors qu’ils n’ont pas 20 ans. Engagé par Farm et Ranch Employment comme berger, les deux cow-boys vont passer l’été seuls sur la montagne. L’un est assigné au camp, l’autre au pâturage. Sans se le dire les deux jeune hommes tombent amoureux l’un de l’autre mais un tel amour n’a pas sa place dans l’Amérique des années soixante. Malgré la vie qui continue, leurs mariages respectifs, la pression de la société et la peur, les deux hommes ne cessent de s’aimer gardant dans leur cœur ces instants précieux passés sur Brokeback Mountain. Mais pour eux pas de bonheur.

Une histoire très émouvante d’un amour sincère qui ne peut s’exprimer librement. De deux être prisonnier de leur temps et de leur sentiment.

Le texte Annie Proulx est très court. Par les mots elle sait retranscrire l’ambiance du ranch, ça sent la transpiration, la retenue, l’incapacité de ce dire ce que l’on ressent avec les mots, la brutalité d’un sentiment qui nous dépasse… la poussière et l’odeur de cheval… Ce langage rend le récit très vrai, on s’y crois vraiment. Mais au même temps cela le rends moins émouvant que je ne l’attendais. On ne verse pas de larme.

Alors que le film m’avait beaucoup émue, ici j’ai trouvais que tout est beaucoup plus dans la retenue. On sent la tristesse, la désolation. On a de la peine pour les héros, mais pas de larmes. Et finalement c’est très bien comme ça. D’une part parce que cette absence de larme va avec le décor. Chez les cow-boys on ne s’épanche pas en sentiments. Et puis parce que cela fait découvrir l’histoire sous un angle un peu différent. C’est plus rustique, moins esthétique.

Maintenant j’ai envie de revoir le film.

Des vacances pour lire

ah ! des vacances ! C’est la première fois que j’expérimente cette sensation d’être enfin en vacances tout en sachant que ça ne va pas durer longtemps. Certes ce n’est pas la première fois que j’en prends, mais jusqu’à présent le souvenir de « oh… sig ! le chômage » était encore encré dans ma mémoire. Là ça y est, c’est officiel je n’aurais plus que 5 semaines de congé par an… 5 petites semaines… mais ça ne sera jamais assez pour lire tous ce que j’ai prévu ! Pas de panique, du temps pour lire on en trouve toujours même quand on est pas en vacances ^^ Ceci dit j’ai bien apprécié de passer 12h non stop (enfin, si j’ai fait une pause pour retourner à la librairie) à lire. Pour le coup, ça faisait une éternité que je n’avais pas lu aussi intensément 🙂

Là vous vous dite que je vais pondre un article interminable avec des dizaines de bouquins… vous inquiété pas, à la vitesse à laquelle je lis, il m’a fallu 8h pour un seul roman et encore, je l’ai lu si vite parce que c’était un roman jeunesse ! Donc oui, je vais faire un tire groupé et vous parler de mes dernières lectures romanesque mais il y aura que 3 romans à découvrir ^^

Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens

Il y a des fois où je me fait peur. Comme quand, par exemple, je lis avidement un roman d’ado comme si ma vie en dépendait. C’est un peu ce vertige là que j’ai ressenti en lisant Moi, Simon 16 ans homo sapiens. Si je devais en faire une critique objective je trouverais sans doute beaucoup de chose à redire. Mais la vérité est que une fois ouvert le livre je ne l’ai pas quitté un instant, même pas le temps de manger, jusqu’à ce que je referme la dernière page. Signe incontestable que c’est un bon livre. Peut-être pas objectivement mais subjectivement j’ai été emporté par le rythme du récit, j’ai été touché par les personnages et si c’est plus de mon âge et bien tant pis. L’espace une soirée moi, Bidib, j’ai eu encore 16 ans.

Simon est au lycée. Il est gay et s’accepte comme tel mais n’a pas encore eu la force de le dire autour de lui. C’est que Simon vit dans une petite ville provinciale et même s’il sait que ces parents et ses amis proches l’accepteront, il n’a pas envie d’en faire toute une histoire. Pas encore. Il rencontre Blue sur internet. Un garçon de son lycée dont il ne sais rien, pas même son prénom. Peut-être le croise-t-il tous les jours sans le savoir. C’est à travers leur pseudo que les deux garçons entretiennent une relation de plus en plus intime. Mais voilà, Martin a tout découvert et il fait du chantage à Simon, le menaçant de tout révéler.

Une histoire simple, sans drame, drôle et touchante comme ça fait du bien d’en lire de temps en temps parce que la vie c’est aussi ça ! Parfois c’est pas si compliqué, parfois tout ce passe bien, ou presque.

Je ne sais pas trop qu’est-ce qui m’a plu dans ce roman. L’écriture rythmée et fluide. Les personnages drôles et touchants qui sonnent vrais. Le ton léger avec lequel l’auteure aborde des questions sérieuses. Peut-être parce qu’au fond de moi j’ai toujours 16 ans, parce que j’ai pas fini de trouver de réponses à ces questions ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais c’est que j’ai dévoré ce roman en une seule fois et que je me sentais bien. Il ne m’en faut pas plus. Bref une jolie lecture qui, si elle ne sera pas inoubliable, m’aura fait passer un très bon moment.

à lire aussi les avis de Bob,  Liradoindienagawika, Simon (ah ! j’ai enfin trouvé un avis plutôt négatif 😉 )

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Oh, boy !

Fini Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens. J’ai filé à la librairie avec une envie subite de lire Oh, boy ! de Marie-Aude Murail. J’avais repéré ce livre en flânant sur le net. Je ne pourrais plus vous dire qui ou quoi m’a donné envie de le lire. Je faisait des recherches sur le net pour trouver quoi lire (les 300 bouquins qui me tendaient leurs bras sur mes étagères ne me faisaient pas envie) quand je suis tombé sur ce titre et j’ai eu envie de le lire.

L’histoire y est bien plus tragique que dans le titre pécédent :

Siémon (14 ans), Morgane (8 ans) et Venise (5 ans) sont orphelins. Leurs mère vient de se suicider et leur père les a abandonné il y a longtemps déjà. Personne ne sait où il est ni s’il est encore de se monde. Alors que l’assistante sociale leur cherche une famille d’accueil, les trois enfants font un jurement : « les Morlevent ou la mort ». Pour eux pas question d’être séparés.  C’est alors que Siméon, jeune adolescent surdoué, se souvient que leur père avait déjà abandonné épouse et enfant. Il y a quelques part d’autres Morlevent. Un frère et une sœur qui vont pouvoir les recueillir. Enfin… en théorie. « Oh, boy ! » c’est ainsi que s’exclame Barthélémy, 26 ans, lorsqu’il apprends qu’il a trois jeunes frères et sœurs et qu’il va devoir devenir leur tuteur légal. Et ce n’est pas tout ! D’autres épreuves vont s’abattre sur la fratrie…

Du drame il y en a et pas qu’un peu. Les petits Morlevent n’ont vraiment pas été épargné par la vie. Le deuil, l’abandon, la maladie… ils ont droit à toutes les épreuves. Pourtant Marie-Aude Murail ne nous livre pas un roman à vous arracher des larmes. Il y a des moment difficiles, d’autres très émouvants, mais ce qui prône c’est l’humour et la force de caractère. Les petits Morlevent n’ont pas l’intention de se laisser abattre par les épreuves. Il font preuve de ténacité et d’une solidarité fraternelle à toute épreuve. Il forment un trio très attachant qui fait sourire et même rire. Barthélémy n’est pas en reste, très drôle et caustique il est également très attachant. Je regrette un peu son côté caricaturale, mais j’adore sa répartie.

Le roman est très court mais très riche. Les personnages y sont bien construit et les dialogues sont très bons. Il y a vraiment beaucoup d’humour et ce malgré le contexte des plus déplorables. J’ai pris vraiment beaucoup de plaisir à le lire. C’est drôle, touchant et intelligent, avec seulement 208 pages (et un format poche à la porté de tous) ce serait vraiment dommage de s’en priver.

tous les livres sur Babelio.com

à lire aussi les avis de Mokamilla (qui vous dira bien mieux que moi combien ce roman est génial) et Brune B

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La bibliothèque des cœurs cabossées

On change complètement de registre et on quitte la littérature jeunesse pour un roman de midinette (un peu quand même). C’est un roman très léger, plein de romance et de bon sentiment, mais il n’est pas stupide pour autant.

Sara, jeune suédoise ayant fraîchement perdu son job de libraire décide de se rendre aux Etats-Unis pour des vacances de deux mois dans un trou paumé de l’Iowa, chez une vieille dame avec qui elle entretien une relation épistolaire depuis trois ans. Sauf que quand elle arrive, rien ne se passe comme prévu.

L’histoire en elle même n’est pas renversante, dès le début on connait la fin et il n’y a aucune surprise. Le style n’est pas particulièrement remarquable non plus et pourtant j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman. Pourquoi ? L’ambiance ! L’auteur crée une ambiance très agréable et positive malgré le contexte : une petite ville ravagée par la crise économique. Il y a beaucoup d’humour les personnages bien que prévisibles sont attachants. La littérature et l’amour du livre est omniprésent. C’est un livre qui vous donne envie de lire. Il parle littérature mais sans prétention, il se met à la porté de tous et on y parle de grand classiques aussi bien que de chick lit* avec la même affection. L’important c’est lire, peu importe quel genre littéraire nous plait, de préférence plusieurs à la fois.

C’est cette ambiance pleine d’humour et de livres qui m’a séduite, qui m’a fait rire et qui m’a tenu en halène malgré une fin  courue d’avance. On sais comment ça se termine mais on ne sait pas comment l’auteur vas nous amener jusque là. Une lecture détente idéale pour l’été (ou si vous ne l’avez pas encore lu, pour se détendre après le stress de la rentrée). En revanche ne vous attendez pas à vibrer, les personnages sont tous plus stéréotypés que les autres et n’offrent aucune surprise. Une vraie caricature sociale digne d’un sitcom.

à lire aussi les avis de Laura et Emily

Voilà pour ce qui est de mes lectures de vacances. A très bientôt pour de nouvelles lectures.

Continuer la lecture de Des vacances pour lire 

Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket

En voilà un livre amusant ! Avec son ambiance de vieux film noir avec ces détectives énigmatiques, un jeune héros qui ne (se) pose pas les bonnes questions, un mentor exaspérant, une énigme insoluble et une écriture décalée Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket m’auront fait passer un très agréable moment.

Pour vous donner le ton, voici ce que nous dit la quatrième de couverture :

Lemony Snicket, 13 ans et détective stagiaire, part à la recherche d’une mystérieuse statue. Qui l’aurait volée? Et surtout, pourquoi ?

Avant de lire ce livre, il est préférable de vous poser ces questions:

1. Voulez-vous savoir ce qui se passe dans une ville en bord de mer qui ne se trouve plus en bord de mer?

2. Voulez-vous en apprendre davantage sur un objet volé qui n’a pas du tout été volé?

3. Pensez-vous vraiment que cela vous regarde? Pourquoi ? Quelles sont vos motivations? En êtes-vous sûr ?

4. Qui se tient derrière vous ?

L’énigme, bien qu’ouvertement loufoque, nous tient en halène. Plus cela a l’air absurde plus on veut savoir le fin mot de l’histoire. Les personnages sont tous plus savoureux les uns que les autres, tous aussi décalé que le narrateur (Lemony Snicket lui-même).

Quant au style, la quatrième de couverture vous donne un aperçu : c’est drôle et vivant, aussi étrange que l’histoire qu’il raconte. C’est sans doute la première fois que je tombe sur un livre comme ça et, ma fois, je suis conquise.

J’ai bien envie de suivre Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket et de découvrir les Orphelins Baudelaire du même auteur.

Le roman est joliment illustré par Seth.

Bref une excellente découverte que je vais m’empresser de soumettre au jugement de mes équipiers ^^

roman jeunesse dès 10 ans

disponible aux éditions Nathan et France Loisir

pour le feuilleter c’est par ICI

et une petit bande annonce pour finir en beauté !

Moby Dick – Herman Melville

Nous avons tous entendu parler de Moby Dick, la baleine blanche, et du capitaine Ahab. Mais avons nous tous lu le livre ? Je ne sais pas vous, mais moi je ne l’avais jamais lu. Quand j’ai enfin sorti tous mes livres des cartons qui les retenaient en otage, pour certains depuis des années, je me suis rendue compte que j’étais en possession de 2 éditions du fameux roman de Herman Melville. J’ai donc décidé de m’y plonger. J’ai choisi la version de poche de 1953 (traduction de Jacques Marcireau) offrant ainsi a mes sens un plaisir supplémentaire. J’adore les livres en tant qu’objet et j’affectionne tout particulièrement les livres de poche. Le papier jauni et l’odeur de poussière ajoutaient une touche supplémentaire à la magie du moment : entrer dans l’univers d’un grand classique.

mes deux éditions de Moby Dick, illustré italien de 1963 et livre de poche français 1953
mes deux éditions de Moby Dick, illustré italien de 1963 et livre de poche français 1953

L’histoire :

Ai-je vraiment besoin de présenter l’histoire ?

Ismaël, le narrateur, désormais seul au monde décide de partir à l’aventure et d’embarquer sur un baleinier, un de ces bateaux qui partent de Nantucket pour sillonner les mers du monde entier à la poursuite de baleines et de leur précieuse huile.

Je m’appelle Ismaël.

Il y a bien des années, – je ne saurais sire combien, – je me trouvais sans un sou ou peu s’en fallait. Rien ne me retenait sur le plancher des vaches. Aussi l’idée me vint de voyager un peu, d’aller sur mer et de voir comment le monde est fait.

Le hasard le mènera à embarquer sur le Pequod.

J’allai sur place pour me rendre compte. Je montai à bord du Pequod et, après l’avoir examiné, je décidai brusquement que c’était sur ce bateau-là qu’il fallait embarquer.

J’avais déjà pas mal voyagé, mais je n’avais jamais encore vu un navire aussi extraordinaire. Et je suis sûr qu’on pourrait faire le tour du monde, visiter les côtes du Japon, toutes les baies indiennes et les baies de Patagonie sans un trouver un pareil.

Le bateau du capitaine Ahab, un homme devenu fou après avoir perdu sa jambe à cause d’une mythique baleine blanche appelée Moby Dick.

Je montai sur le pont pour prendre mon tour de garde. Le jour pointait à peine et les objets familiers avaient encore des contours indistincts. Je regardais machinalement vers la poupe quand, tout à coup, mon sang se figea : le capitaine Ahab se tenais sur l’entrepont.

 La réalité dépassait tout ce que j’avais craint. Il n’y avait rien, en lui, qui pût faire croire qu’il relevait de maladie. Il donnait l’impression d’un homme qui viendrait de s’échapper du bûcher, dont le feu aurait léché les membres sans les consumer. Grand et solidement charpenté, malgré son âge, il était coulé dans un bronze inaltérable.

 Ahab entraîne tout son équipage dans la poursuite de sa vengeance devenue sa seul raison de vivre. Une obsession qui va mener le Pequod et tout son équipage au devant du danger.

illustration de Musatti - Moby Dick, editrice Boschi, 1963
illustration de Musatti – Moby Dick, editrice Boschi, 1963

Une agréable surprise :

Si je voulais lire Moby Dick c’est plus par acquis de conscience qu’autre chose. C’est l’un de ces livres qu’il faut avoir lu, alors je m’apprêtait à faire mes devoirs en bonne élève que je suis. Mais je m’attendais aussi à l’ennui, n’étant pas très friande de littérature classique. (La littérature du XIX me demande toujours beaucoup d’efforts)

Et c’est tant mieux ! Je m’attendais tellement à m’ennuyer que finalement j’ai trouvé ça super. Si certaines tournures sont désuètes, l’ensemble du texte est très agréable, dynamique et vivant. Il file tout seule sans qu’à aucun instant je n’ai besoin de me forcer. Melville a su captiver mon attention dès le premières pages et j’ai lu avec plaisir (même si pas très vite) les aventures du Pequod, curieuse de savoir quelle tournure allait prendre cette chasse.

Le voyage du Pequod – Everett Henry, 1956

J’ai préféré, cependant, les premiers chapitres, ceux qui mènent le narrateur au Pequod, aux envolées lyriques de la fin. J’ai trouvé le début du roman plus riche en éléments et plus dépaysant. Avec Moby Dick j’ai aussi beaucoup appris sur la chasse au baleines et c’est intéressant. Le livre est très court, on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer, même durant les longues périodes en mer.

Une très bonne surprise pour l’ignorante que je suis. Franchement, ça vaut le coup de le lire !

illustration de Musatti - Moby Dick, editrice Boschi, 1963
illustration de Musatti – Moby Dick, editrice Boschi, 1963

Certaines n’avaient jamais vu la mer

Voici un roman qui trônait en tête de ma PAL* depuis un long moment et qui se faisait perpétuellement détrôner par de nouvelles trouvailles. La semaine dernière je me suis enfin résolue à éditer ma PAL (ou du moins un premier brouillon, nombreux titre sont encore caché dans les cartons, je hâte de pouvoir les libérer). A cette occasion le roman de Julie Otsuka a refait surface. Les conseils enthousiastes de Blandine de Vivrelivre m’ont décidé : lire Certaines n’avaient jamais vu la mer ! Et voilà que c’est chose faite !

Je ne suis pas aussi enthousiaste que Blandine, mais j’ai trouvé ce livre très intéressant.

Certaines n’avaient jamais vu la mer nous raconte la vie des immigrés japonais d’un point de vue très original : celui des femmes. Pas d’une femme, mais des femmes. Toutes ces femmes japonaises qui ont débarqué sur les côtés du pacifique au Etats-Unis au début du XXème siècle. C’est un “nous” qui s’exprime, qui raconte. Un nous fait de Kazuko, Chiyo, Fusayo…, de femme de chambre, de cuisinière, de paysanne, de filles de joie, d’épouses heureuses, de femmes battues, de mères épanouies, de femmes stériles, de jolies jeunes filles, de femmes divorcées venues chercher une nouvelle chance, de rêves, de déceptions. Les destins de toutes ces femmes se croisent et ce côtoient. Chacune à sa particularité mais toutes partages le même destin : arriver au Etats-Unis et puis y disparaître.

C’est la première fois que je lis un roman écrit à la première personne du pluriel. Au début j’ai trouvé cela assez déstabilisant. Finalement j’ai trouvé le procédé très intéressant et original. Mais cette posture met une certaine distance. Le personnages du livre étant une entité plurielle aux contours flous il est difficile de s’identifier, de s’attacher. On ne suit pas le destin d’un personnage, ni de plusieurs. On suit le destin d’une condition, celle des femmes japonaises immigrées aux Etats-Unis, elles sont à la fois nommées et anonymes. 

Mais l’intérêt premier du roman ne réside pas pour moi dans son procédé d’écriture original, c’est son sujet qui est particulièrement intéressant. Avec ce roman Julie Otsuka nous fait découvrir l’histoire des immigrés japonais aux Etats-Unis. Une histoire que je ne connais pas du tout et que j’ai envie maintenant d’approfondir. Expérience personnelle oblige, je suis très intéressée par l’histoire des migrations. Otsuka arrive à nous faire ressentir ce que ces femmes ont éprouvé en débarquant sur cette terre inconnue et à la culture si différente de la leur. Et si les différences culturelles sont soulignées, il n’y a pas de jugement de valeur, les défauts et les qualités des uns et des autres sont présentés avec impartialité. Tout n’est ni a prendre ni à jeter dans une culture comme dans l’autre.

J’ai été touché, bouleversée même, en lisant ce roman et je n’ai pas pu m’empêcher de penser que décidément j’ai beaucoup de chance. On ne peut que s’émouvoir face à ce que ces femmes endurent, au courage avec lequel elle affrontent les difficultés. Mais aussi se mettre en colère face à leur soumission ! La vie y est dure pour tout le monde, mais c’est bien pire quand on est une femme.

J’ai été très touché aussi par l’universalité de ce récit. S’il nous parle des femmes japonaises aux Etats-Unis tout en mettant en évidence leur particularité culturelle, on se rends compte à la lecture de certains passage à quels point on peut se reconnaître dans l’autre. Le passage sur les jeux des jeunes enfants m’a beaucoup ému, j’avais l’impression d’y lire mon enfance. Un autre passage intéressant est celui on l’ont voit les enfants d’immigré perdre peu à peu la culture de leur parents.

Un par un les mots anciens que nous leur avions enseignés disparaissent de leur têtes. Ils oublient le nom des fleurs en japonais. Il oublient le nom des couleurs. Celui du dieu renard, du dieu du tonnerre, celui de la pauvreté, auquel nous ne pouvions échapper. Aussi longtemps que nous vivrons dans ce pays, jamais il ne nous laisseront acheter la terre. Il oublient le nom de la déesse de l’eau, Mizu Gami, qui protégeait nos rivières, nos ruisseaux, et insistait pour que nos puits soient propres. Ils oublient les mots pour dire “lumière de neige”, “criquet à clochette” et “fuire dans la nuit”. Ils oublient les paroles qu’il fallait prononcer devant l’autel dédié à nos défunts ancêtres, qui veillent sur nos nuit et jour. Ils oublient comment compter. Comment prier. Il passaient à présent leur journée immerges dans cette nouvelle langue, dont les vingt-six lettres nous échappaient toujours alors que nous vivions en Amérique depuis des années. Tout ce que j’ai appris, c’est la lettre x, pour pouvoir signer à la banque. Ils prononçaient sans mal les “l” et les “r”. Et même quand nous les envoyions étudier le japonais au temple bouddhiste le samedi ils n’apprenaient rien. La seule raison pour laquelle il y va c’est pour échapper au travail à la boutique. Mais quand nous les entendions parler dans leur sommeil, les mots qui sortaient de leur bouche – nous en étions certaines – étaient japonais.

Un beau roman touchant et intéressant qui donne envie d’en savoir plus.

Divergente ~ T1

Voilà un livre que je m’attendais pas à lire. C’était un matin, 6h30, tout à coup je me rends compte que je n’ai rien prévu à lire pour le train. Je monte quatre à quatre les marches menant aux chambres et à ma bibliothèque. Une idée, vite ! Et là, j’entrevois, posé sur une marche, les deux tomes de Divergente. Roman dont A-chan m’a parlé avec beaucoup d’enthousiasme. Bien que son résumé m’ai spoilé toute l’intrigue, son enthousiasme a piqué ma curiosité. C’est décidé, je lui pique le tome 1.

Je connais déjà l’histoire, et pourtant, au bout de quelques pages je suis prise par le récit et je n’en décollerais pas avant la fin.

L’histoire :

Dans un futur post-apocalyptique, la société connait une nouvelle organisation. Les humains sont séparé en 5 factions : les Altruistes, les Audacieux, les Érudit, les Fraternels et les Sincères. Au sein de chaque faction une qualité humaine est érigé en mode de vie. Chez les Altruistes c’est le don de soi, chez les Audacieux le courage et ainsi de suite. Chaque faction occupe un rôle précis dans la société.

Béatrice est née chez les Altruistes, elle a 16 ans et va passer, comme tous ceux âgé de 16 ans, le test d’aptitude. Après le test chaque jeune va choisir dans quelle faction il passera le reste de sa vie. Mais voilà, le test de Béatrice ne se passe pas comme il aurait du. Elle est divergente. Une force mais aussi un danger pour elle.

Couverture de la vertion originale

L’histoire est très bien menée et l’écriture de Veronica Roth, dynamique, nous entraîne dans cet univers futuriste où très vite on se sent chez soi. Sans explications ennuyeuses, Roth sait créer un décor qui se dessine à coup de description rapides. On est dans le contexte, d’emblée, plongé dans la vie de l’héroïne. La narration à la première personne nous aide à nous identifier plus facilement à elle.

Tris à un fort caractère, une grande détermination et courage force le respect. Son côté ado en proie aux premiers émois amoureux me fait légèrement sourire, mais je n’oublie pas que le roman ne s’adresse pas à moi, mais à des jeunes filles de son âge qui sans doute connaissent les mêmes émotions.

L’équilibre entre action, sentiments et introspection est harmonieux, pas un seul instant je ne me suis ennuyé. Je m’en étonne d’autant plus que je sais déjà ce qui va se passer (y compris dans le tome 2). Je me suis laissé prendre au jeu, et  plus que sur ce qui va se passer, je me concentre sur comment Tris va réagir, éprouvant excitation et curiosité, enchaînant page après page sans même y penser. Et me voilà déjà à la fin ! Tant de choses se sont passé depuis le test d’aptitude de Béatrice, et tant d’autres l’attendent. Moi, en refermant le livre, je n’avais qu’une idée en tête : lire la suite.

Divergente, tome 1

Veronica Roth

Nathan

2012

Veronica Roth