Archives par mot-clé : littérature américaine

Horton entend un chou – Dr Seuss [album jeunesse]

Pour Noël j’avais présenté l’album comment le Grinch a volé Noël du Dr Seuss, un auteur jeunesse américain. J’y avais reconnu les chous du dessin animé Horton et ce n’est qu’à la fin de cet album que je découvrais qu’Horton, avant d’avoir été un film était justement un autre album du Dr. Seuss.

C’est toujours aux éditons le nouvel attila que je l’ai découvert à son tour.

Si je n’avais pas aimé la couverture du Grinch (trop rouge) que dire de celle de Horton rose Barbie ! Décidément le choix des couvertures ne me plait pas, mais l’intérieur en revanche est un régal. Si le choix de couleur n’est pas à mon goût, j’ai été séduite par l’ambiance du livre et la morale de l’histoire.

Ce que j’adore chez le Dr Seuss, c’est la façon de jouer avec les mots.

Ici nous rencontrons Horton, un grand éléphant gentil et généreux qui par hasard entend crier au secours un petit chou sur une poussière. Il décide de lui venir en aide, mais ce ne sera pas si simple. Des idiots il n’en manque jamais, et puis qu’eux n’arrivent pas à entendre la petite voix sur le grain de poussière c’est qu’elle n’existe pas. Et comme Horton insiste, ils en font un point d’honneur. Cette poussière doit être détruite. Mais Horton n’est pas du genre à baisser les bras, il se bat et il y arrive.

Un très joli album à lire à voix haute.

sur le site de l’éditeur

→ sur Amazon ou dans votre librairie préférée


chut les enfants lisent 

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Comment le Grinch a volé noël – Dr. Seuss [album jeunesse]

C’est dans les nouveautés de la bibliothèque que je suis tombé sur Comment le Grinch a volé Noël du Dr. Seuss, publié aux éditions le nouvel attila. Le livre n’est pourtant pas une nouveauté puisque l’édition date de 2016. La sortie du film de Disney n’est pas pour rien dans la remise en avant de cet album.

C’est parti pour cette lecture de saison que je partage avec Blandine.

Couverture Le grinch qui voulait gâcher Noël !

Le Grinch est un chou grincheux qui vit seul à l’écart du village, il n’aime rien ni personne, mais surtout il déteste Noël. Tous les chous sont joyeux, ils chantent et se préparent pour la fête. Le Grinch ne supporte pas Noël, toute cette joie c’est une torture pour lui.

Cette année, il a une super idée : il va voler Noël. À la nuit tombée, déguisée en Père Noël le Grinch entre dans toutes les maisons pour tout voler : cadeau, décoration, bons petits plats… il vole tout et ne laisse qu’une miette dans chaque maison.

L’aube se lève et il est sur le point de tout jeter par dessous bord, mais des chants joyeux remontent du village. Sa mauvaise farce n’a pas gâché la fête, les chous sont heureux. Parce que Noël ce n’est pas que des cadeaux et des bons petits plats. Noël c’est un état d’esprit. Et rien ne gâchera la fête des choux.

Une jolie histoire tout à fait dans l’esprit de Noël. Les dessins sont amusants avec ses petits personnages stylisés et un peu loufoques. Mais le plus amusant est assurément le texte, écrit en rime. Il y a beaucoup d’humour et c’est vraiment agréable à lire.

J’ai tout de suite pensé au film Horton. Connaissez-vous ce dessin animé ? J’adore.

J’ai pensé que le réalisateur avait dû s’inspirer de cet album. Dans mon ignorance je n’étais pas loin de la vérité puisque le film adapte un autre album du Dr. Seuss : Horton entend un Chou.


  

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La Combe aux Loups – Lauren Wolk

Il m’aura fallu du temps pour venir à bout de ce roman jeunesse !

Couverture La combe aux loups

La Combe aux Loups de Lauren Wolk est sorti au printemps dernier aux éditions l’école des loisirs. C’est la couverture et le titre qui ont attiré mon attention. Le résumé me semblait prometteur et me voilà embarqué dans la lecture de ce roman jeunesse venu des USA.

La première page m’avait beaucoup plu et j’avais hâte de trouver le temps de m’y mettre cet été. Finalement, passé la première page mon enthousiasme est un peu retombé. Non pas que l’histoire soit inintéressante, ou que ce soit mal écrit. Loin de là. Mais, je ne sais pas, j’ai eu un peu de mal à m’attacher aux personnages. J’ai trouvé le récit un peu trop manichéen, ça sent un peu trop la bonne morale chrétienne à mon goût. J’ai toujours du mal avec ce genre de morales, quand elles sont trop ostentatoires. Encore une fois, ce n’est pas parce que je ne partage pas le message, au contraire, mais c’est la façon de le faire passer qui manque, à mon goût, de subtilité. Laissez-moi vous expliquer pourquoi j’ai eu ce ressenti, qui m’a beaucoup ralenti dans ma lecture.

L’histoire se déroule dans la campagne américaine en 1943. La Deuxième Guerre mondiale bat son plein, et si nous sommes loin des champs de bataille, la guerre est quand même très présente dans l’esprit des gens. Annabelle va sur ses douze ans. Elle est une gentille fille, obéissante, éduquée,bien sur tout rapport, elle n’a même jamais menti. Mais l’arrivée d’une méchante fille dans son école va changer la donne. La garce s’en prend à elle et en fait son souffre-douleur. Betty est aussi méchante qu’Annabelle est bonne, violente, égoïste, prête aux coups les plus bas. Face à Betty Annabelle ne sait pas comment elle doit agir, aller voir les parents et tout leur dire ou essayer de se débrouiller seule et garder pour elle ses tourments. Mais peut-elle se taire quand sa meilleure amie est gravement blessée et que Betty accuse le pauvre Toby, un soldat de la Grande Guerre devenu vagabond ?

L’opposition Annabelle-Betty m’a, dans un premier temps, beaucoup irrité, l’une est trop bonne, l’autre trop méchante. Cet antagonisme manque de subtilité. Annabelle a 12 ans et elle n’aurait jamais menti ? Tous les enfants mentent de temps à autre ! Son côté petit fille modèle m’a vraiment beaucoup agacé dans la première partie du roman. L’auteur en fait des tonnes sur son bon caractère et loin de me la rendre agréable cette insistance a fini par la rendre exaspérante. Je n’aime pas les petites filles modèles. Heureusement, cela ne dure pas, dans la seconde partie du roman, là où l’histoire démarre vraiment, Annabelle se relève plus intéressante que ce que nous font percevoir d’elle les premiers chapitres. Certes, elle est très (trop?) bonne, mais elle est aussi intelligente et réfléchie. L’ingéniosité et l’acharnement qu’elle met à vouloir disculper Toby la rendent attachante (enfin !).

Dans cette insistance à montrer les vertus de l’une et les vices de l’autre, j’y ai vu une moralisation digne d’un cours de religion et ça, ça me hérisse les poils. Peut-être que j’exagère, mais c’est vraiment le sentiment que j’ai eu en lisant ce livre, j’ai l’impression qu’on me fait la leçon et je n’aime pas ça. D’ailleurs j’en suis venue à me demander si ce n’était pas un livre d’une autre époque, mais non, la version originale date de 2016.

Mais il y a quand même des aspects que j’ai beaucoup aimés dans le roman. Le personnage de la mère m’a beaucoup plus, une femme de son époque, qui ne se pose pas vraiment de questions sur son rôle dans la famille, mais qui a une très forte personnalité et un très bon cœur. Elle fait preuve d’une grande charité et d’une grande modestie dans ses actes. Elle a toujours une part de tard pour le pauvre Toby, mais elle ne ressent jamais de fierté mal placée pour ses comportements altruistes. J’ai aimé ce personnage même si, à l’instar de sa fille Annabelle, elle est un peu trop vertueuse.

La morale en elle-même est très bonne aussi, Annabelle se bat contre les préjugés et son combat est louable.

Malgré tout il y a des longueurs et la première moitié du roman ne m’a vraiment pas convaincue, je l’aurais abandonné si je ne m’étais pas engagé à en faire une critique. Je ne regrette pas pour autant d’avoir persévéré parce que j’ai beaucoup aimé le dernier tiers du livre que j’ai lu avec plaisir.

Un bilan mi-figue mi-raisin de mon côté. L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

sur le site de l’école des loisirs

⇒ sur amazon ou Decitre


challenge petit BAC 2018

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La forme de l’eau [audiolivre]

La forme de l’eau est avant tout un film réalisé par Guillermo del Toro en 2017. Mais ce n’est pas du film que je vais parler aujourd’hui. C’est de sa novellisation ou, autrement dit, du roman qui en est tiré. Le roman reprend exactement la même histoire que le film et est coécrit par Daniel Kraus et Guillermo del Toro. Et c’est sa forme audio que j’ai eu le plaisir de découvrir sur Audible, l’apli audiolivre d’amazon. Le texte en français est lu par Manon Jomain.

Couverture de La forme de l'eau

Si vous avez déjà vu le film vous pouvez faire l’impasse sur le paragraphe qui va suivre. Pour ceux qui ne connaissent pas encore l’histoire, voici en quelques mots le synopsis :

Nous sommes en pleine guerre froide. Les années soixante, en Amérique du Nord, à Baltimore. Elisa, une femme de ménage muette et solitaire, travaille dans un laboratoire gouvernemental. C’est dans se même laboratoire que doit travailler Strickland, un militaire violent et quelque peu traumatisé par sa carrière. Il est ici pour surveiller la créature qu’il a été capturer en Amérique du Sud. Capture des plus éprouvantes qui l’a rendu encore plus violent. Elisa fait la rencontre de l’étrange créature, et bravant tous les interdits du centre, se lie d’amitié avec elle. Mais Strickland veut en finir avec cette créature, il veut la voir morte ! Finalité que le docteur Hoffstetler veut à tout pris éviter. Le scientifique en charge de l’étude de la créature est touché par celle-ci et veut à tout pris lui sauver la vie. Voici les grandes lignes de l’histoire auxquelles s’ajoutent d’autres personnages : la femme de Strickland, le voisin et ami d’Elisa, sa collègue et amie Zelda.

Il y a deux choses qui font d’un livre un bon livre : l’histoire et le style. Avec les audiolivres, un troisième paramètre entre en jeu : la performance du narrateur. Et là ça se complique, car la qualité de cette performance va influer sur ce que l’on perçoit du style de l’oeuvre. Et j’avoue ne pas du tout avoir aimé la performance de Manon Jomain sur ce livre. J’ai trouvé sa diction beaucoup trop saccadée. Si cela donnait un aspect intéressant à certains passages du livre, il n’était pas toujours justifié ou trop exagéré. C’est difficile de juger s’il s’agit de son interprétation de l’oeuvre, ou si le texte est écrit avec une ponctuation trop saccadée. Dans un cas comme l’autre, j’ai trouvé que cela manquait de fluidité. Et ça m’a un peu tapé sur les nerfs. J’ai pensé que j’allais m’habituer. Il faut toujours un moment d’adaptation quand on découvre un nouveau narrateur. Mais non, ça m’a agacé jusqu’à la dernière minute. Du coup, difficile, pour moi, de dire si j’ai aimé le style ou pas, puisque la narration et le style se confondent dans un rythme qui me perturbe.

Mais il y a l’histoire. Une belle histoire avec de très nombreux personnages, des rebondissements, du suspens… Ce que j’ai particulièrement aimé c’est la polyphonie que créent les nombreux personnages que l’on prend vraiment le temps de découvrir, non seulement dans les interactions qu’ils ont les uns avec les autres, mais aussi avec leur propre histoire, leurs sentiments, leurs états d’âme, leurs préoccupations. Cela donne un récit très riche et réaliste. On y croit parce qu’on a des personnages vraiment bien construit.

J’ai beaucoup aimé la femme de Strickland, un personnage très intéressant, tiraillée entre son désire d’indépendance et son éducation de bonne femme au foyer comme il se doit. Zelda est aussi très touchante dans son désir d’amitié sincère. Finalement je me rends compte que les personnages qui m’ont le plus touché sont les personnages secondaires. Elisa ne m’a pas vraiment séduite, et Strickland est tout simplement odieux. Quant à la créature, on ne sait pas vraiment ce qui se passe dans sa tête.

Ce jeu narratif passant du vécu d’un personnage à l’autre est vraiment intéressant et agréable. On n’a pas le temps de se lasser d’un personnage et de son point de vue puisqu’on change sans cesse de point de vue.

Avez-vous lu/écouté le roman ? Avez-vous vu le film ? Laissez nous vos impressions sur La forme de l’eau.

la forme de l’eau sur Audible

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Mange, prie, aime d’Elizabeth Gilbert [Audiolivre]

Les voies du seigneur sont impénétrables. Et impénétrables sont les voies qui m’ont amené à lire ce livre. Car je dois vous avouer, je n’avais jamais entendu parler de ce titre, écrit par Elizabeth Gilbert en 2006 (et traduite en français en 2008) et adapté depuis au cinéma. Non, jamais. Pas avant ce mail qui me proposait de découvrir la version audio lue par Catherine Creux et disponible chez Audible.

Couverture de Mange, prie, aime : Changer de vie, on en a tous rêvé... Elle a osé

Quand, la première fois, j’ai lu le mail je n’y ai pas prêté grand attention. Pas un livre pour moi, ai-je pensé. Le titre suffisait à m’en persuader, et ce malgré un sous-titre alléchant : Changer de vie, on en a tous rêvé… Elle a osé. (Je ne sais pas vous, mais rêver de changer de vie est ma seconde nature et ce quelques soit ma vie en question). Puis, j’ai fini par le rouvrir.

Allez, ça coûte rien d’essayer. N’as-tu pas envie de retenter l’expérience de l’audiolivre ? Tester audible avec autre chose qu’un roman ça peut être intéressant, tu ne crois pas ? J’ai fini par me convaincre moi-même et, non sans appréhension, j’ai répondu à ce mail.

Me voilà donc embarqué dans cette expérience de vie, celle de Liz (Elizabeth Gilbert), une auteur dont je ne savais rien si ce n’est qu’elle est américaine. Avec ce livre, elle nous invite à partager un an de sa vie, dans les détails les plus intimes de sa réflexion personnelle. Un an pendant lequel elle va partir en quête d’elle-même dans une sorte de voyage initiatique post-moderne en trois étapes qui la conduira tout d’abord à Rome, puis dans un ashram yoguique en Inde et enfin auprès d’un sorcier balinais.

Je me réjouissais de commencer ce voyage par l’Italie et les plaisirs de sa cuisine. Mais je n’étais pas au bout de mes surprises ! Alors que je partais en terrain conquis, que la familiarité que m’inspirent l’Italie, ses plats de pâtes et ses pizzas me rassurait, de cette première étape du voyage je n’ai retenu qu’un agacement inexplicable. Tout m’a agacé. Tout ! J’étais tellement agacée que je m’en prenais même à la lectrice dont le ton m’exaspérait. J’étais tellement agacée que j’ai fini par me demander pourquoi ce récit me mettait dans un tel état. Il n’y avait, objectivement, pas de quoi être si énervée. Cette colère je la connais, je ne la connais que trop bien. C’est là que j’ai commencé à me dire que ce n’était peut-être pas un hasard que je me retrouve avec ce livre entre les mains. À chaque révolte, je me suis interrogée sur mes propres sentiments et, clopin-clopant, je suis venue à bout de la première étape du voyage.

Je m’attendais à détester la seconde étape du voyage. Mais, là encore, j’allais être surprise. Après cette première étape assez douloureuse (au sens où j’ai du me force à continuer l’écoute), j’ai traversé la seconde partie dans un tout autre état d’esprit. Après seulement un chapitre ou deux, je me suis rendue compte que même la voix de la conteuse, qui n’a pas changé, ne m’agaçait plus du tout. Je me suis même amusée d’avoir éprouvé de tels sentiments. Et étrangement, j’éprouvais de la joie à écouter les récits des prières dans l’ashram indien. Bon, ça ne me donne pas du tout envie d’aller en Inde pour me lever à 3 heures du matin et méditer toute la journée, mais au-delà du yoga et de la forme que prend la recherche de spiritualité chez Liz, j’ai aimé sa réflexion sur elle-même et sur son besoin de trouver Dieu. Une réflexion dans laquelle finalement je me retrouve et qui peut parler à beaucoup de gens d’horizons et de croyances divers. Cela m’a beaucoup fait réfléchir et j’ai trouvé cette deuxième étape très apaisante. Le voyage en Inde m’a mis de bonne humeur, dans de bonnes dispositions.

Qu’en est-il de la dernière étape du voyage et du livre ? Bali. Cette dernière partie du récit m’a peut-être moins fait réfléchir que la seconde, mais je l’ai trouvée agréable et amusante. Je l’ai plus vécu comme s’il s’agissait d’un roman, d’une aventure et non pas d’une étape initiatique réelle. Cette dernière partie m’a semblé plus romancée, peut-être moins introspective. C’est l’étape de l’ouverture aux autres, de l’amour retrouvé et ça fait peut-être un peu roman à l’eau de rose, mais, finalement, je trouve qu’Elizabeth Gilbert écrit bien et on a envie de savoir comment tout cela va se terminer pour elle.

Je ne regrette pas d’avoir découvert ce livre, loin de là ! Il a même eu sur moi un effet auquel je ne m’attendais pas du tout et qui, je pense, va se ressentir sur la durée. Cela ne va peut-être pas changer ma vie, mais ça a fait bouger des choses en moi, ouvert des portes. Je suis vraiment heureuse de l’avoir découvert et je m’excuse d’avoir tant pesté contre Catherine Creux  durant la première partie du livre, cela ne tient pas du tout à sa performance que j’ai trouvé très bonne, finalement.

Mange, prie, aime lu par Catherine Creux


challenge petit BAC 2018 Challenge Il Viaggio : on repart?!!!

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2 aventures à travers les Etats Unis [roman jeunesse]

Aujourd’hui, je vous amène en voyage. Nous partons aux États-Unis avec non une, mais deux traversées extraordinaires du pays. D’Est en Ouest, du Sud au Nord. De la fin XIX au début XX, ces deux romans jeunesse nous font voyager.

Le Célèbre Catalogue Walker & Dawn – Davide Morosinotto

Du bayou de la Louisiane aux immeubles de Chicago, dans ce roman nous suivons les incroyables aventures d’une bande de 4 enfants.

Tout commence dans le Sud, dans une petite ville dans le bayou en Louisiane. Nous sommes au début des années 1900 et là-bas on parle encore le français. 4 enfants aussi différents qu’inséparables profitent du bayou pour jouer et échapper à la vigilance de leurs parents. Il y a P’tit Trois, le troisième d’une famille de garçons élevés par une mère seule qui rêve d’aventure. Eddie, le fils du docteur, le plus grand, mais aussi le plus anxieux qui s’en remet volontiers à l’autorité de son camarade.  Puis il y a Joju, la belle Julie et son petit frère Min. Elle est blanche, il est noir. Leur mère vit dans une extrême pauvreté et Julie ne rêve que de partir et laisser derrière elle cette vie dure et d’amener son petit frère loin d’ici. Min est le petit dernier, plus jeune que les autres, il suit sa sœur partout. Il est étrange, différent. Il ne parle jamais, ce n’est pas parce qu’il ne sait pas parler, mais il n’éprouve pas le besoin de parler. Ce qu’il aime, c’est compter. Et rester près de sa sœur qui est toujours là pour le protéger et prendre soin de lui.

Un jour, alors qu’ils pêchent dans les marais, les enfants tombent sur trois pièces. Plus d’argent qu’ils n’auraient pu en rêver. Après de longues négociations, ils décident enfin de commander un objet dans le célèbre catalogue Walker & Dawn. Et c’est là que leur vie va prendre une toute nouvelle direction. En recevant le mauvais colis, ils décident de partir au siège du célèbre catalogue pour empocher une petite somme d’argent. En partant sur leur pirogue, ils sont loin de se douter ce que leur réservera cette longue traversée des États-Unis. Partis un peu comme ça sur un coup de tête, plus effrayé par ce qui les attend à la maison que par l’aventure. Ils découvriront les grandes villes, les bateaux à vapeur, tomberont sur des voyous, seront aidés par des vagabonds, des journalistes, croiseront des gens bien, des gens peu recommandables, de vils tortionnaires, mais jamais ils ne baisseront les bras. Ils se feront avoir, ils se feront aider. Leur amitié deviendra de plus en plus forte.

Voilà un roman comme je les aime ! De l’aventure, du voyage, des personnages savoureux et attachants, un texte simple, mais pas simpliste, de la vie, beaucoup de vie. Davide Morosinotto s’amuse à faire vivre ses personnages, ce n’est pas un roman prise de tête, il n’a rien à nous apprendre, on est là pour s’évader, pour prendre du plaisir à lire, à rêver et c’est réussi. Franchement réussi. C’est très agréable à lire, les pages s’enchaînent sans qu’on s’en aperçoive, on est pris dans l’histoire, on veut savoir ce qui va se passer, comment nos héros se sortiront de telle ou telle situation…

Ce que j’ai beaucoup aimé, outre le côté aventure très ludique du livre, c’est sa mise en page, il y a beaucoup d’illustrations dans style gravure d’époque rappelant les vieux romans d’aventure, mais aussi des fausses coupures de presse , des pages du fameux catalogue qui donne un aspect vraisemblable et réaliste à l’histoire. On plonge dans ce livre comme dans un film et on voit les images défiler devant nos yeux. Le style est aussi très vivant, rythmé, agréable et pas prise de tête. Avec une particularité qui m’a beaucoup plus. Le livre est divisé en plusieurs parties, différentes étapes du voyage, et chaque étape est racontée à la première personne par l’un des héros qui nous donne sa vision subjective de ce qu’il observe, de la façon dont lui vit cette aventure. J’ai trouvé ce jeu de narration très sympa, il contribue à rendre les personnages encore plus attachants, car on les découvre tour à tour à travers leur propre regard, mais aussi celui de leurs camarades.

C’est vraiment une très belle lecture, un coup de cœur

On est dans la lecture ludique et ça fait du bien. On s’amuse, c’est bien fait, c’est bien écrit, c’est superbement mis en page. Une belle aventure. Pour un premier roman, c’est très prometteur.

⇒ à lire aussi l’ avis de Mo’

sur le site l’école des loisirs

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Couverture La longue marche des dindesAvec La longue marche des dindes de Kathleen Kaar, on est vraiment dans l’Amérique, non seulement dans le décor, le sujet et l’écriture ont quelque chose de typiquement américain. Je ne serais pas trop expliquer pourquoi, mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti dans cette lecture. Simon est un jeune homme de 15 ans un peu lent. Il est gentil et honnête, mais l’école ce n’est pas son fort. Sa maîtresse finit par lui donner son diplôme, non pas parce qu’il le mérite, mais parce qu’à 15 ans on ne peut plus rester à l’école primaire.

Lent peut-être, mais courageux, volontaire et imaginatif. Simon décide de prendre son envol et de créer son entreprise : acheter mille dindes et les amener à Denver où elles se vendront bien plus cher que dans son Missouri natal. Pour cela, il embauchera un muletier alcoolique, puis chemin faisant il trouvera de nouveaux associés.

Le cœur bon triomphe toujours de la méchanceté et malgré sa « cervelle de paon », Simon saura mener à bien son entreprise et se faire des amis, des vrais.

C’est sans doute en cela que j’ai trouvé ce roman profondément américain. Cet éloge de la bonté plus que de l’intelligence est une thématique que j’ai souvent retrouvée dans les romans et les films américains. Chez nous, dans le vieux continent, on accorde peut-être plus d’importance à l’intelligence qu’à la bonté. C’est d’ailleurs assez frappant en lisant ces deux romans d’aventures au contexte similaire (Les États-Unis de la fin XIX début XX) l’un après l’autre. Dans le premier roman que j’ai présenté, écrit par un Italien, les héros sont espiègles et pas toujours très honnêtes et c’est aussi grâce à leur malice qu’ils s’en sortent. Alors qu’avec La Longue marche des dindes, écrit par une Américaine, c’est la gentillesse et la bonté du héros, on ne peut plus honnête, qui lui permettent de triompher. Deux aventures, deux épopées à travers l’Amérique, mais pas vraiment la même morale.

Si j’ai plutôt un penchant pour l’espièglerie des 4 enfants du Célèbre Catalogue Walker & Dawn, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire La longue marche des dindes. Un roman plus classique, mais bien écrit. C’est vivant, c’est rythmé, les personnages sont attachants. Et si le roman manque d’originalité dans sa substance ou dans sa morale, il n’en reste pas moins plaisant. Quand à l’aventure que vivent les personnages, elle, elle n’est pas ordinaire !

sur le site de l’école des loisirs

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Le mot de la fin : deux bons romans pour s’évader sans prise de tête.

Dépaysement garanti.


chut les enfants lisent

 

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13 reasons why

Couverture Treize raisons / 13 reasons why

En rentrant du lycée Clay trouve devant ça porte un colis qui lui est adressé, sans aucune indications quant à l’expéditeur. A l’intérieur il trouve sept k7 audio. Qui peut bien envoyer des k7 ? Qui en utilise encore ? Curieux, Clay se rend dans le garage où le vieux poste de son père permet encore de lire des k7. Mais là, horreur ! C’est la voix d’Hannah qui s’adresse à lui. Hannah s’est suicidé quelques semaines plus tôt, et ces sept k7 sont sa lettre d’adieux. Elles les adresse à ceux qu’elle croit responsable, d’une façon où d’une autre de sa chute. A chaque face un nouvel accusé. Elle y raconte les incidents qui ont, les uns après les autres, détérioré son état d’esprit et son estime d’elle même au point d’en arriver à cette décision fatale.

Ce court roman nous donne deux points de vue, celui de Clay, qui découvre avec stupeur les petites boules de neige qu’Hannah raconte et qui les unes s’additionnant aux autre ont provoqué une avalanche. Une avalanche de sentiment submerge le garçon qui n’avait rien vu, rien compris de tout cela, ou qui n’avais pas voulu voir, comme c’est souvent le cas. La deuxième voix est celle d’Hannah elle-même qui se raconte, qui tente d’expliquer pourquoi et comment elle en est arrivé là et qui, surtout, cherche à faire peser sur chacun de ses camarades une part de responsabilité. Elle veut qu’il prennent conscience de la gravité de leurs actes. Elle veut qu’il comprenne que tout ce que l’on fait porte à conséquences. Une stupide blague potache peut dégénérer et peser bien lourd dans l’équilibre fragile d’une adolescente en détresse.

C’est en cela que j’ai trouvé ce roman intéressant. Si les anecdotes raconté par Hannah peuvent paraître parfois très superficielle et qu’elle ne suffisent pas en elle-même à conduire au suicide, cela permet au lecteur de se questionner sur son propre comportement. Ce n’est pas parce que je ne pense pas à mal que je ne fait pas de mal. Ce que je prends pour une blague, peut blesser l’autre de façon parfois très violente. Bien sûr, le suicide est une décision définitive qui relève plus de la fragilité personnelle que d’une attitude, même déplacée et violente des camarades, mais quand on se retrouve en grande fragilité, un mots de travers et tout bascule.

Si Hannah cherche à faire peser la culpabilité sur ses camarades c’est sans doute pour s’amputer une part de sa propre responsabilité et rendre sa décision plus acceptable pour elle-même. Elle cherche à se justifier. Et peut-être, sans doute même, à se venger et faisant culpabiliser ceux qui l’ont blessé. C’est une démarche qui se comprend. Cela ne veut pas dire qu’ayant écouté tout le discours d’Hannah, nous lecteurs arrivions à la même inéluctable décision. La plupart des adolescent ayant subi une situation similaire prendront une tout autre décision, et rare sont ceux qui en arrivent là. Mais je trouve ça bien de faire prendre conscience au jeune lecteur que tout a une conséquence. Et si les conséquences ne sont pas toujours aussi graves, il faut toujours se poser la question, suis-je en droit de faire subir tel ou telle humiliation à un(e) camarade ? Est-ce que la soit-disant plaisanterie peut tout excuser ?

J’ai trouvé, moi, qu’Hannah se fait une montagne de pas grand chose et que son incapacité à réagir aux premiers incident sont autant la cause des incidents suivant que le manque de discernement et les conduites inappropriés (voir inacceptables) des camarades incriminés. Mais finalement n’est-ce pas le propre de l’adolescence de se faire une montagne de rien ? La seule et unique responsable du suicide d’Hannah est et restera Hannah. Mais une main tendue au bon moment, un peu plus de délicatesse, un peu moins égoïsme et d’égocentrisme de chacun aurait pu changer les choses.

Le message est finalement très salutaire. Restez vigilant, vos actes ont des conséquences. Pensez à l’impact de ce que vous faite sur les autres avant d’agir stupidement. Un livre qui pour cette raison aurait sa place à l’école, notamment dans le cadre d’un travail sur le harcèlement à l’école.

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Les fantômes zen – Jon J Muth

Me revoici avec un nouvel album que les éditions Fei me font découvrir : Les fantôme zen de Jon J Muth.

Plusieurs point ont attiré mon attention sur la couverture de cet album : le nom de l’auteur (j’avais beaucoup aimé son interprétation du conte de la soupe au caillou), la présence d’un panda (love panda for ever <3 ) et le mot zen. C’est donc avec beaucoup de curiosité que j’ai abordé cet album à la couverture sombre, invitant au songe et à la contemplation.

Le secret de la cascade, Minorités, jeunesse, les éditions fei, bande dessinée chinoise

L’histoire qui nous y attend commence un soir d’Halloween. Nous ne sommes pas vraiment dans ce que j’appellerais un ambiance zen ! Les déguisements, les enfants qui grouillent de partout, l’excès de sucre et d’excitation… Mais rien ne perturbe la tranquillité de Source-Tranquille, ce gros panda que nous avons pu apercevoir en couverture. Il garde toute sa nonchalance et son air de douce peluche géante. Après la course aux bonbons, Source -Tranquille invite ses trois amis, Michael, Karl et Addy, à écouter une histoire de fantômes. Pour cela ils vont s’isoler dans une maison ou un panda en tout point semblable à Source-Tranquille se met à conter l’histoire de Ochu et Senju, deux jeunes gens qui s’aiment depuis l’enfance et que l’on va séparer par un mariage arrangé. Je ne vous raconterais pas la suite pour laisser la magie de la découverte. C’est une jolie histoire qui m’a surprise tout en étant très classique.

Et pou cause, tout comme dans La soupe au caillou l’auteur reprenait un conte classique, ici c’est dans le recueil La Barrière sans porte écrit par le moine bouddhiste Wumen Huikai (1183-1260) que Jon J Muth pioche cette histoire de fantôme. Des explications à la fin de l’album nous en apprennent plus sur l’origine de l’histoire. A la lecture de celles-ci, le récit prends une autre mesure, bien plus philosophique et c’est encore plus beau.

Jon J Muth nous offre une histoire de fantôme qui ne fait pas peur pour une ambiance Halloween adapté à tous les âges et tous les tempéraments. Mais aussi un moment de méditation et d’interrogation. Les dessins sont très doux et apaisants, ce qui font de cet album une lecture du soir idéale.

Un joli livre aussi pour les fan de panda.


Merci aux éditions Fei pour cette lecture.

Le secret de la cascade, Minorités, jeunesse, les éditions fei, bande dessinée chinoiseLes fantômes Zen
Auteur/illustrateur : Jon J Muth
sorti le : 09/09/2016
Prix public : 14,9€
Pagination : 40 pages, couleurs
Format : 24 cm x 25 cm cartonné
ISBN : 978-2-35966-257-3

sur le site de l’éditeur 


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Beignets de tomates vertes – Fannie Flagg

La première fois que j’ai entendu parler de ce roman c’était… dans un roman 🙂 Dans bibliothèque des cœurs cabossé plus précisément. ça m’avais donné envie et puis je suis tombée dessus par hasard et voilà un roman tout désigné pour des livres en cuisine, avec un titre pareil je pouvais pas manquer ça.

Et tant mieux ! Parce que j’ai adoré ce bouquin. Il se lit tout seul.

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Avec des sauts dans les époques et les points de vue, Fannie Flagg nous fait vivre l’histoire d’un petit village paumé dans l’Alabama : Whisle Stop, construit sur le bort du chemin de fer. On y découvre une famille haute en couleur, aimé de tous, avec de nombreux enfants. Dans le café ouvert par la cadette de la famille tous les habitants du village se retrouvent pour un déjeuner où simplement échanger.

C’est à travers les souvenirs de Ninny, une vielle dame rencontrée dans le salon de la maison de retraite où elle doit chaque dimanche rendre visita à sa belle-mère acariâtre, qu’Evelyn, une femme au foyer un peu forte en pleine crise existentielle, découvre l’histoire de ce bled paumé. Au fil de ses rencontres avec Ninny, elle commence à s’attacher aux habitants du village. Leur histoire à travers les années 20, 30 et 40 lui donne du courage pour affronter sa vie de femme des année 80. Les souvenirs de Ninny ne suivent pas toujours un ordre chronologique, elle raconte au fur et à mesure que les souvenirs remontent. Avec elle on découvre cette Amérique profonde dépeinte avec beaucoup de tendresse où l’on est raciste plus par tradition que par conviction et où la force d’une femme pas comme les autres fait bouger doucement les choses par son caractère en acier trempé mais surtout par son infinie générosité. On s’attache aux personnages, même ceux qui ne sont pas vraiment recommandables, parce qu’en chacun se cache une part de générosité.

En parallèle on découvre aussi la vie déprimante de Evelyn qui a grandi et vieilli dans des certitudes qui s’ébranlent les une après les autres. C’est grâce à la bienveillance d’une vielle femme inconnue et à ces souvenir qu’Evelyn trouve le courage de se chercher vraiment. Evelyn est très touchante car toute sa vie durant elle a essayé de correspondre à cette image de l’épouse parfaite qu’on lui a inculqué et maintenant que la ménopause lui ouvre les bras elle se rend compte à combien de lieu de ses convictions profondes elle avait tâché de vivre.

Il se dégage de ce livre des tonnes de bienveillance et d’amour mais c’est toujours dosé comme il faut pour ne jamais tomber dans la mièvrerie. Il y a aussi beaucoup d’humour et une certaine nostalgie pour le temps qui passe et une époque où il était peut-être plus facile de communiquer, où la solidarité unissait la communauté.

J’ai pris énormément de plaisir à déguster ces pages.

Vous vous demandez peut-être si en dehors du titre il peut y avoir un lien entre le roman et le challenge des livres en cuisine ? Et bien il y en a un. Une grande partie du récit se déroule dans le café de Whistle Stop connu pour son barbecue et sa cuisine pas chère et généreuse. Cuisine dont on nous parle beaucoup. Voici un aperçu de ce qu’on y mange : « du poulet frit, des haricots noirs, des petits navets, des beignets de tomates vertes, du pain à la farine de maïs et du thé glacé ». J’avais envie de préparer ce menu pour le challenge mais… c’est pas vraiment la saison des tomates ! Faudra attendre l’été prochain pour que je tente l’expérience. Je n’aurais même pas besoin d’improviser comme je le pensais puisque à la fin du livre on retrouve quelques recettes du Whistle Stop Café.

#deslivresencuisine

Une photo publiée par Bidib Ma Petite Médiathèque (@bidibmpm) le

Mais la relation entre la cuisine et ce roman ne s’arrête pas là. Le personnage d’Evelyn est particulièrement attaché à la nourriture. A chaque fois qu’on la voit elle est en train de manger. Elle se goinfre par gourmandise mais aussi pour calmer son stress. Sa relation à la nourriture n’est pas sans complexes puisqu’elle se trouve toujours trop grosse, mais il lui est impossible de résister.

Bref dans ce roman la nourriture est omniprésente ajoutant à la bienveillance générale, le fumet d’un bon plat ne met-il pas tout le monde de bonne humeur ?

Si vous n’avez pas encore lu ce roman, je vous le conseille vivement. Il se lit très vite et ça détend. De quoi oublier le stress de la journée et retrouver le sourire. Un lecture parfaite pour moi qui lis dans le train pour le trajet maison-travail tous les jours.

Le roman a été adapté en film par Jon Avnet en 1991. Je vous laisse découvrir la bande-annonce. Moi je m’en vais le réserver à la médiathèque 😉


Beignets de tomates vertes
Beignets de tomates vertes Bande-annonce VO


Des livres en cuisine

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Brokeback Mountain – Annie Proulx

C’est dans la pochette surprise de la médiathèque que j’ai découvert cette nouvelle de Annie Proulx. Je connaissais déjà Brokeback Mountain pour en avoir vu l’adaptation cinématographique en 2005, mais j’ignorais que c’était une adaptation. Il y a quelques semaines j’ai emprunté une pochette surprise (4 documents dont on ignore tout si ce n’est le thème commun inscrit sur la poche) intitulé “follement gay”. Quel ne fut ma surprise en découvrant Brokeback Mountain et d’apprendre que c’était une nouvelle tirée du recueil Les pieds dans la boue d’Annie Proulx daté de 1999.

Je garde un souvenir très ému du film. J’étais ressortie les yeux rouges de larmes mais heureuse. Un très beau film, une histoire terriblement triste. C’est donc avec nostalgie et plaisir que j’ai plongé dans la nouvelle.

Jack et Ennis se rencontrent alors qu’ils n’ont pas 20 ans. Engagé par Farm et Ranch Employment comme berger, les deux cow-boys vont passer l’été seuls sur la montagne. L’un est assigné au camp, l’autre au pâturage. Sans se le dire les deux jeune hommes tombent amoureux l’un de l’autre mais un tel amour n’a pas sa place dans l’Amérique des années soixante. Malgré la vie qui continue, leurs mariages respectifs, la pression de la société et la peur, les deux hommes ne cessent de s’aimer gardant dans leur cœur ces instants précieux passés sur Brokeback Mountain. Mais pour eux pas de bonheur.

Une histoire très émouvante d’un amour sincère qui ne peut s’exprimer librement. De deux être prisonnier de leur temps et de leur sentiment.

Le texte Annie Proulx est très court. Par les mots elle sait retranscrire l’ambiance du ranch, ça sent la transpiration, la retenue, l’incapacité de ce dire ce que l’on ressent avec les mots, la brutalité d’un sentiment qui nous dépasse… la poussière et l’odeur de cheval… Ce langage rend le récit très vrai, on s’y crois vraiment. Mais au même temps cela le rends moins émouvant que je ne l’attendais. On ne verse pas de larme.

Alors que le film m’avait beaucoup émue, ici j’ai trouvais que tout est beaucoup plus dans la retenue. On sent la tristesse, la désolation. On a de la peine pour les héros, mais pas de larmes. Et finalement c’est très bien comme ça. D’une part parce que cette absence de larme va avec le décor. Chez les cow-boys on ne s’épanche pas en sentiments. Et puis parce que cela fait découvrir l’histoire sous un angle un peu différent. C’est plus rustique, moins esthétique.

Maintenant j’ai envie de revoir le film.

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