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Rentrée littéraire 2015 ~ envie de roman

Dans un précédent billet j’avais sélectionné quelques manga paru en cette rentrée 2015 que j’avais envie de lire. Aujourd’hui je vais vous parler des roman qui me font envie.

Soundtrack de Furukawa Hideo

Parce que Kiba-chan m’a convaincue et que le pitch est très intrigant.

Fin du XXe siècle. Deux enfants, un garçon et une fille, se retrouvent échoués sur une île déserte dans le Pacifique. En deux années, ils développent des techniques de survie et de communion avec la nature, proches du chamanisme. Devenus grands et rendus à la civilisation, ils découvrent un Tokyo transformé par le réchauffement climatique et l’immigration clandestine. Envahi par une végétation tropicale et des colonies de corbeaux à gros bec. Où il vont devoir apprendre à survivre, sur les décombres de la société des hommes.
Ce roman d’une puissance imaginaire stupéfiante, à l’écriture fiévreuse comme un long solo de guitare rock, emprunte les codes de la science-fiction pour mieux dynamiter la fiction tout court. Sa forme est celle d’une spirale qui se resserre et tourne de plus en plus vite. Pour Furukawa la littérature est une arme, une tornade qui emporte tout, et Soundtrack le roman fondateur de toute son œuvre.
« J’étais un humain, j’étais en colère, et j’ai juré de mettre mes tripes à écrire un chant à la gloire des corbeaux. J’ignore à quel âge je mourrai, j’ignore combien de dizaines de romans j’écrirai jusqu’à ma mort. Mais je peux dire une chose. S’il y a quelque chose que l’on puisse appeler l’ère Furukawa, alors son année 0 correspond à l’année de publication de Soundtrack. » (source : édition Philippe Picquier)

Celui-là je l’ai déjà acheté. Je vais m’y mettre bientôt. ICI un extrait

Kokoro de Delphine Roux

Dans ce roman se fait entendre une voix ténue et obstinée, attentive aux mouvements subtils de la nature et des âmes.
Koichi et sa sœur Seki n’avaient que douze et quinze ans lorsque leurs parents ont disparu dans un incendie. Depuis, ils ont le cœur en hiver.
Seki s’est réfugiée dans la maîtrise et la réussite professionnelle. Koichi, lui, s’est absenté du monde, qu’il regarde en proximité.Mais le jour où il apprend que sa sœur va mal, très mal, Koichi se réveille et pose enfin les actes qui permettront à chacun de renouer avec un bonheur enfoui depuis l’enfance. (source : édition Philippe Picquier)

Encore un roman sorti chez Picquier qui me fait de l’œil !

ICI vous pouvez lire un extrait

LaSolutionEsquimauAWMâ d’Hubert Haddad

« La marche à pied mène au paradis. » Ainsi s’ouvre , roman japonais, à la croisée de deux destins et autour d’une même quête, la voie du détachement.
Shōichi porte en lui le souvenir de Saori, la seule femme qu’il ait aimée, une universitaire qui a consacré sa vie à Santōka, le dernier grand haïkiste.
Leur aventure aussi incandescente que brève initie le départ de Shōichi sur les pas de Santōka, de l’immense Bashō et de son maître Saigyō. Marcher, pour cette procession héroïque d’ascètes aventureux, c’est échapper au ressassement, aux amours perdues, c’est vivre pleinement l’instant ! « Le saké pour le corps, le haïku pour le cœur. »
Dans la lignée de l’inoubliable Peintre d’éventail, Hubert Haddad nous emmène sur les sentiers du Bout-du-Monde. Son écriture est comme la palpitation miraculeuse de la vie, au milieu des montagnes et des forêts, à travers le chant des saisons, comme un chemin sur le chemin. (source : édition Zulma)

Ce livre m’a tapé dans l’œil quand je suis allé en librairie pour acheter Sountrack, du coup je l’ai embarqué ^^ Un extrait à découvrir ICI

2084 de Boualem Sansal

L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions.
Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l’existence d’un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion…
Boualem Sansal s’est imposé comme une des voix majeures de la littérature contemporaine. Au fil d’un récit débridé, plein d’innocence goguenarde, d’inventions cocasses ou inquiétantes, il s’inscrit dans la filiation d’Orwell pour brocarder les dérives et l’hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties. (source : Gallimard)

Le thème m’intéresse, le pitch m’intrigue, le clin d’œil à 1984 l’un des livres qui m’ont le plus marqué a fini par me convaincre. Je ne l’ai pas encore acheté, j’attends de lire les 2 déjà dans ma PAL.

Il y a bien d’autres livres qui m’ont semblé intéressants. Mais il y en a déjà tellement sur mes étagères que je dois lire, avoir les yeux plus gros que le ventre ça ne sert à rien !

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Ikebukuro west gate park II

Il y a des livres dont vous tombez amoureux, sans trop savoir pourquoi. C’est ce qui m’est arrivé avec le deuxième tome de Ikebukuro west gate park. Le coup de foudre dès les premières pages. Pourtant, j’ai pas lu le premier tome, j’aurais pu m’arrêter page 5, attendre de m’être acheté le premier volume et recommencer. Impossible ! Je ne pouvais pas m’arrêter et attendre. J’étais plongé dans l’ambiance de ce Tokyo populaire, j’étais embarquée avec Makoto dans une embrouille, il fallait que j’aille jusqu’au bout. Ce que j’ai fait en quelques jours. En refermant la dernière page cette sensation de vide et de solitude que nous laissent ces livres qu’on a aimé. En en veut encore. Et ça tombe bien j’ai encore deux tomes à découvrir !

Le fait d’avoir commence par le deuxième volume n’a pas été un problème, les histoires sont indépendantes les unes des autres et si les personnages réapparaissent de l’une à l’autre, on se familiarise assez vite avec eux. Il y a dans leur description une certaines redondance qui permet d’être plongé immédiatement dans l’ambiance même si on ouvre le livre en son milieu. Pourtant je n’ai éprouvé aucune lassitude à relire mainte fois les caractéristique de tel ou tel personnage tant les descriptions sont brèves et habillement amené. Ce n’est pas comme une répétition mais plutôt comme un trait de caractère que le narrateur (Makoto, le personnage principal) aime à souligner.

Makoto est un jeune homme d’une vingtaine d’année. Sans le sous il travaille dans la boutique de fruits et légumes de sa mère, tout en écrivant à l’occasion des chronique dans une revue de mode. Qui est Makoto ? Un loser comme tant d’autre dans les bas quartiers de Tokyo ? Pas du tout ! Makoto a un talent bien particulier, celui de se retrouver toujours mêlé aux embrouilles du quartier : un gamin qui disparaît, une pute qui se fait harceler pas des yakuza… Il y a toujours quelqu’un pour lui demander son aide. Payé ou pas quand il s’agit de venir en aide aux habitant de Ikebukuro, Makoto est toujours près à enquêter et à démêler les sacs de nœuds dans lequel il se trouve fourré. Plus que les enquêtes c’est l’ambiance de ce livre qui est excellente. On vit au rythme des réflexions de Makoto, on respire avec lui, on en arrive même à entendre les bruit de sa ville, sentir les odeurs de fruit dans la boutique de sa mère. On l’accompagne comme on suit un ami. C’est d’ailleurs un grand vide que j’ai ressenti en refermant le livre comme quand on quitte un ami proche sans savoir quand sera notre prochaine rencontre. Heureusement pour moi deux autres tomes sont disponibles et je vais pouvoir revoir Makoto bientôt, et avec lui arpenter les rue d’Ikebukuro.

5/5 ! Yatta !!
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Des vacances pour lire

ah ! des vacances ! C’est la première fois que j’expérimente cette sensation d’être enfin en vacances tout en sachant que ça ne va pas durer longtemps. Certes ce n’est pas la première fois que j’en prends, mais jusqu’à présent le souvenir de « oh… sig ! le chômage » était encore encré dans ma mémoire. Là ça y est, c’est officiel je n’aurais plus que 5 semaines de congé par an… 5 petites semaines… mais ça ne sera jamais assez pour lire tous ce que j’ai prévu ! Pas de panique, du temps pour lire on en trouve toujours même quand on est pas en vacances ^^ Ceci dit j’ai bien apprécié de passer 12h non stop (enfin, si j’ai fait une pause pour retourner à la librairie) à lire. Pour le coup, ça faisait une éternité que je n’avais pas lu aussi intensément 🙂

Là vous vous dite que je vais pondre un article interminable avec des dizaines de bouquins… vous inquiété pas, à la vitesse à laquelle je lis, il m’a fallu 8h pour un seul roman et encore, je l’ai lu si vite parce que c’était un roman jeunesse ! Donc oui, je vais faire un tire groupé et vous parler de mes dernières lectures romanesque mais il y aura que 3 romans à découvrir ^^

Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens

Il y a des fois où je me fait peur. Comme quand, par exemple, je lis avidement un roman d’ado comme si ma vie en dépendait. C’est un peu ce vertige là que j’ai ressenti en lisant Moi, Simon 16 ans homo sapiens. Si je devais en faire une critique objective je trouverais sans doute beaucoup de chose à redire. Mais la vérité est que une fois ouvert le livre je ne l’ai pas quitté un instant, même pas le temps de manger, jusqu’à ce que je referme la dernière page. Signe incontestable que c’est un bon livre. Peut-être pas objectivement mais subjectivement j’ai été emporté par le rythme du récit, j’ai été touché par les personnages et si c’est plus de mon âge et bien tant pis. L’espace une soirée moi, Bidib, j’ai eu encore 16 ans.

Simon est au lycée. Il est gay et s’accepte comme tel mais n’a pas encore eu la force de le dire autour de lui. C’est que Simon vit dans une petite ville provinciale et même s’il sait que ces parents et ses amis proches l’accepteront, il n’a pas envie d’en faire toute une histoire. Pas encore. Il rencontre Blue sur internet. Un garçon de son lycée dont il ne sais rien, pas même son prénom. Peut-être le croise-t-il tous les jours sans le savoir. C’est à travers leur pseudo que les deux garçons entretiennent une relation de plus en plus intime. Mais voilà, Martin a tout découvert et il fait du chantage à Simon, le menaçant de tout révéler.

Une histoire simple, sans drame, drôle et touchante comme ça fait du bien d’en lire de temps en temps parce que la vie c’est aussi ça ! Parfois c’est pas si compliqué, parfois tout ce passe bien, ou presque.

Je ne sais pas trop qu’est-ce qui m’a plu dans ce roman. L’écriture rythmée et fluide. Les personnages drôles et touchants qui sonnent vrais. Le ton léger avec lequel l’auteure aborde des questions sérieuses. Peut-être parce qu’au fond de moi j’ai toujours 16 ans, parce que j’ai pas fini de trouver de réponses à ces questions ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais c’est que j’ai dévoré ce roman en une seule fois et que je me sentais bien. Il ne m’en faut pas plus. Bref une jolie lecture qui, si elle ne sera pas inoubliable, m’aura fait passer un très bon moment.

à lire aussi les avis de Bob,  Liradoindienagawika, Simon (ah ! j’ai enfin trouvé un avis plutôt négatif 😉 )

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Oh, boy !

Fini Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens. J’ai filé à la librairie avec une envie subite de lire Oh, boy ! de Marie-Aude Murail. J’avais repéré ce livre en flânant sur le net. Je ne pourrais plus vous dire qui ou quoi m’a donné envie de le lire. Je faisait des recherches sur le net pour trouver quoi lire (les 300 bouquins qui me tendaient leurs bras sur mes étagères ne me faisaient pas envie) quand je suis tombé sur ce titre et j’ai eu envie de le lire.

L’histoire y est bien plus tragique que dans le titre pécédent :

Siémon (14 ans), Morgane (8 ans) et Venise (5 ans) sont orphelins. Leurs mère vient de se suicider et leur père les a abandonné il y a longtemps déjà. Personne ne sait où il est ni s’il est encore de se monde. Alors que l’assistante sociale leur cherche une famille d’accueil, les trois enfants font un jurement : « les Morlevent ou la mort ». Pour eux pas question d’être séparés.  C’est alors que Siméon, jeune adolescent surdoué, se souvient que leur père avait déjà abandonné épouse et enfant. Il y a quelques part d’autres Morlevent. Un frère et une sœur qui vont pouvoir les recueillir. Enfin… en théorie. « Oh, boy ! » c’est ainsi que s’exclame Barthélémy, 26 ans, lorsqu’il apprends qu’il a trois jeunes frères et sœurs et qu’il va devoir devenir leur tuteur légal. Et ce n’est pas tout ! D’autres épreuves vont s’abattre sur la fratrie…

Du drame il y en a et pas qu’un peu. Les petits Morlevent n’ont vraiment pas été épargné par la vie. Le deuil, l’abandon, la maladie… ils ont droit à toutes les épreuves. Pourtant Marie-Aude Murail ne nous livre pas un roman à vous arracher des larmes. Il y a des moment difficiles, d’autres très émouvants, mais ce qui prône c’est l’humour et la force de caractère. Les petits Morlevent n’ont pas l’intention de se laisser abattre par les épreuves. Il font preuve de ténacité et d’une solidarité fraternelle à toute épreuve. Il forment un trio très attachant qui fait sourire et même rire. Barthélémy n’est pas en reste, très drôle et caustique il est également très attachant. Je regrette un peu son côté caricaturale, mais j’adore sa répartie.

Le roman est très court mais très riche. Les personnages y sont bien construit et les dialogues sont très bons. Il y a vraiment beaucoup d’humour et ce malgré le contexte des plus déplorables. J’ai pris vraiment beaucoup de plaisir à le lire. C’est drôle, touchant et intelligent, avec seulement 208 pages (et un format poche à la porté de tous) ce serait vraiment dommage de s’en priver.

tous les livres sur Babelio.com

à lire aussi les avis de Mokamilla (qui vous dira bien mieux que moi combien ce roman est génial) et Brune B

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La bibliothèque des cœurs cabossées

On change complètement de registre et on quitte la littérature jeunesse pour un roman de midinette (un peu quand même). C’est un roman très léger, plein de romance et de bon sentiment, mais il n’est pas stupide pour autant.

Sara, jeune suédoise ayant fraîchement perdu son job de libraire décide de se rendre aux Etats-Unis pour des vacances de deux mois dans un trou paumé de l’Iowa, chez une vieille dame avec qui elle entretien une relation épistolaire depuis trois ans. Sauf que quand elle arrive, rien ne se passe comme prévu.

L’histoire en elle même n’est pas renversante, dès le début on connait la fin et il n’y a aucune surprise. Le style n’est pas particulièrement remarquable non plus et pourtant j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman. Pourquoi ? L’ambiance ! L’auteur crée une ambiance très agréable et positive malgré le contexte : une petite ville ravagée par la crise économique. Il y a beaucoup d’humour les personnages bien que prévisibles sont attachants. La littérature et l’amour du livre est omniprésent. C’est un livre qui vous donne envie de lire. Il parle littérature mais sans prétention, il se met à la porté de tous et on y parle de grand classiques aussi bien que de chick lit* avec la même affection. L’important c’est lire, peu importe quel genre littéraire nous plait, de préférence plusieurs à la fois.

C’est cette ambiance pleine d’humour et de livres qui m’a séduite, qui m’a fait rire et qui m’a tenu en halène malgré une fin  courue d’avance. On sais comment ça se termine mais on ne sait pas comment l’auteur vas nous amener jusque là. Une lecture détente idéale pour l’été (ou si vous ne l’avez pas encore lu, pour se détendre après le stress de la rentrée). En revanche ne vous attendez pas à vibrer, les personnages sont tous plus stéréotypés que les autres et n’offrent aucune surprise. Une vraie caricature sociale digne d’un sitcom.

à lire aussi les avis de Laura et Emily

Voilà pour ce qui est de mes lectures de vacances. A très bientôt pour de nouvelles lectures.

Continuer la lecture de Des vacances pour lire

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Moby Dick – Herman Melville

Nous avons tous entendu parler de Moby Dick, la baleine blanche, et du capitaine Ahab. Mais avons nous tous lu le livre ? Je ne sais pas vous, mais moi je ne l’avais jamais lu. Quand j’ai enfin sorti tous mes livres des cartons qui les retenaient en otage, pour certains depuis des années, je me suis rendue compte que j’étais en possession de 2 éditions du fameux roman de Herman Melville. J’ai donc décidé de m’y plonger. J’ai choisi la version de poche de 1953 (traduction de Jacques Marcireau) offrant ainsi a mes sens un plaisir supplémentaire. J’adore les livres en tant qu’objet et j’affectionne tout particulièrement les livres de poche. Le papier jauni et l’odeur de poussière ajoutaient une touche supplémentaire à la magie du moment : entrer dans l’univers d’un grand classique.

mes deux éditions de Moby Dick, illustré italien de 1963 et livre de poche français 1953
mes deux éditions de Moby Dick, illustré italien de 1963 et livre de poche français 1953

L’histoire :

Ai-je vraiment besoin de présenter l’histoire ?

Ismaël, le narrateur, désormais seul au monde décide de partir à l’aventure et d’embarquer sur un baleinier, un de ces bateaux qui partent de Nantucket pour sillonner les mers du monde entier à la poursuite de baleines et de leur précieuse huile.

Je m’appelle Ismaël.

Il y a bien des années, – je ne saurais sire combien, – je me trouvais sans un sou ou peu s’en fallait. Rien ne me retenait sur le plancher des vaches. Aussi l’idée me vint de voyager un peu, d’aller sur mer et de voir comment le monde est fait.

Le hasard le mènera à embarquer sur le Pequod.

J’allai sur place pour me rendre compte. Je montai à bord du Pequod et, après l’avoir examiné, je décidai brusquement que c’était sur ce bateau-là qu’il fallait embarquer.

J’avais déjà pas mal voyagé, mais je n’avais jamais encore vu un navire aussi extraordinaire. Et je suis sûr qu’on pourrait faire le tour du monde, visiter les côtes du Japon, toutes les baies indiennes et les baies de Patagonie sans un trouver un pareil.

Le bateau du capitaine Ahab, un homme devenu fou après avoir perdu sa jambe à cause d’une mythique baleine blanche appelée Moby Dick.

Je montai sur le pont pour prendre mon tour de garde. Le jour pointait à peine et les objets familiers avaient encore des contours indistincts. Je regardais machinalement vers la poupe quand, tout à coup, mon sang se figea : le capitaine Ahab se tenais sur l’entrepont.

 La réalité dépassait tout ce que j’avais craint. Il n’y avait rien, en lui, qui pût faire croire qu’il relevait de maladie. Il donnait l’impression d’un homme qui viendrait de s’échapper du bûcher, dont le feu aurait léché les membres sans les consumer. Grand et solidement charpenté, malgré son âge, il était coulé dans un bronze inaltérable.

 Ahab entraîne tout son équipage dans la poursuite de sa vengeance devenue sa seul raison de vivre. Une obsession qui va mener le Pequod et tout son équipage au devant du danger.

illustration de Musatti - Moby Dick, editrice Boschi, 1963
illustration de Musatti – Moby Dick, editrice Boschi, 1963

Une agréable surprise :

Si je voulais lire Moby Dick c’est plus par acquis de conscience qu’autre chose. C’est l’un de ces livres qu’il faut avoir lu, alors je m’apprêtait à faire mes devoirs en bonne élève que je suis. Mais je m’attendais aussi à l’ennui, n’étant pas très friande de littérature classique. (La littérature du XIX me demande toujours beaucoup d’efforts)

Et c’est tant mieux ! Je m’attendais tellement à m’ennuyer que finalement j’ai trouvé ça super. Si certaines tournures sont désuètes, l’ensemble du texte est très agréable, dynamique et vivant. Il file tout seule sans qu’à aucun instant je n’ai besoin de me forcer. Melville a su captiver mon attention dès le premières pages et j’ai lu avec plaisir (même si pas très vite) les aventures du Pequod, curieuse de savoir quelle tournure allait prendre cette chasse.

Le voyage du Pequod – Everett Henry, 1956

J’ai préféré, cependant, les premiers chapitres, ceux qui mènent le narrateur au Pequod, aux envolées lyriques de la fin. J’ai trouvé le début du roman plus riche en éléments et plus dépaysant. Avec Moby Dick j’ai aussi beaucoup appris sur la chasse au baleines et c’est intéressant. Le livre est très court, on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer, même durant les longues périodes en mer.

Une très bonne surprise pour l’ignorante que je suis. Franchement, ça vaut le coup de le lire !

illustration de Musatti - Moby Dick, editrice Boschi, 1963
illustration de Musatti – Moby Dick, editrice Boschi, 1963
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Et il me parla de cerisiers, de poussières et d’une montagne…

J’ai acheté ce bouquin comme ça, sur un coup de tête, la couverture et le titre avec ces felurs de cerisiers ont attiré mon attention et le pitch avait l’air sympa…

Que dire de ce livre ? Il est mal écrit. Voilà c’est dit. J’ai trouvé l’idée de l’histoire sympa, je partage complètement le message mais cela ne suffit pas à en faire un bon livre, loin de là. J’ai trouvé ça ennuyeux et j’avais la très désagréable impression que l’auteur prends ses lecteurs pour des idiots. Quand on a un message à faire passer on se débrouille pour raconter l’histoire en laissant le soin au lecteur de comprendre la morale entre les lignes. Ici la morale on nous la martèle du début à la fin avec lourde insistance comme si on était trop stupide pour comprendre.

Que nous dit ce livre ? Que nous somme tous englué dans de fausses peurs qui nous pourrissent la vie et que pour apprendre à vivre debout il faut les reconnaître et puis s’en défaire. Très bien, je suis 100% d’accord. L’histoire du protagoniste, ses rencontres, son parcours étaient amplement suffisant pour nous faire comprendre ce message. Quel besoin y avait-il de nous l’expliciter encore et encore. La première fois c’est lourd, à la fin ça devient carrément agaçant. Je n’ai d’ailleurs pas pu lire les dernières pages tant l’ensemble est redondant. Le livre ne fait pourtant que 140 pages ! Grosse déception.

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La chambre voisine

C’est un roman qu’on a choisi pour moi, pour l’escale belge de mon challenge L’Union Européenne en 28 livres. Je ne connaissez pas l’auteur, je ne savais rien de l’histoire.

Le premier chapitre m’a laissé assez indifférente, ne sachant pas trop ce que l’auteur voulait raconter, je n’ai pas accroché à l’entrée en matière. Néanmoins je décidais de poursuivre un peu plus loin la lecture. Dès le deuxième chapitre, le mystère s’installe. A partir de là j’étais prise par cette histoire d’une famille brisée par de mystérieux drame. Que s’est-il passé ? Que se cache derrière ce drame ? En lisant j’avais l’impression qu’au lieu de voir le mystère s’élucider, il ne faisait que s’assombrir, se complexifier.

Pourtant quand le dénuent arrive enfin, j’ai éprouvé une certaine frustration : tout ce que j’avais pressenti dès le départ était là, j’ai pas pu m’empêcher de lâcher un “quoi ?! C’est tout ?”

Ce livre ne m’aura pas particulièrement marqué ni par son style, très classique, ni par son histoire mais il reste une très bonne lecture, prenante, qu’on a pas envie de lâcher. Une fois le premier chapitre passé je n’ai plus quitté ce livre jusqu’à la dernière page.

escale belge
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Trois langues dans ma bouche

Trois langues dans sa bouche, six dans la mienne. Il n’en fallait pas plus pour que j’ai envie de lire ce roman, le premier de Frédéric Aribit que j’ai lu grâce à la dernière Masse Critique (j’en profite pour remercier Babelio et Belfond, l’éditeur).

Trois langues dans ma bouche il n’en a pas fallu plus pour les sourires entendu du contrôleur lisant le titre du livre posé sur la tablette pendant que je fouille mon sac à la recherche de mon titre de transport. Trois langues dans ma bouche suis-je donc si naïve que pas un seul instant le titre n’a évoqué en moi ces images qui ont fait sourire le contrôleur ?

Les langues de Frédérique Aribit sont le basque, langue maternelle « morte dans sa bouche et recrachée ». Puis il y a le français. Langue adroitement utilisée, avec laquelle l’auteur joue à m’en faire perdre mon latin !

Trois langues dans ma bouche fiction, autofiction, vécu ? Je ne sais pas mais chaque mot sonne vrai. Je me suis identifié à ce « je » qui nous parle. Qui vagabonde plus qu’il ne raconte. Je m’identifie car certains points communs nous rapprochent : l’enfance à la campagne, les langues qui se croisent et décroisent, se marient et finalement se séparent… Le deuil aussi, peut-être. Pas seulement le deuil des gens aimés qui nous quittent, mais celui de la perte de cette langue primitive qui a vu naître nos premiers mots et qui nous quitte. Les point communs que je partage avec « je » sont pourtant aussi nombreux que nos différences.

Dans le flot de paroles déversées chapitre après chapitre dans un foutoirs qui passe du coq à l’âne, du basque au français, de l’enfance au présent j’ai parfois cru perdre le fil. Pourtant il y en a un de fil ! Et il nous tiens, me tient. Je l’ai suivi, exploré souvenir après souvenir, idée après idées, la conscience et peut-être même l’inconscience de « je ». Que la suite d’idée ne soit pas logique importe peu, est-ce que notre pensée suit toujours le chemin de la logique ? Ne se perd-t-elle pas dans les recoin de notre cerveau, dans la forêt de nos souvenirs ?

C’est peut-être en cela que je me suis reconnue : un bouillonnement d’idées et de souvenir qui émergent sans crier gare dans l’océan de notre conscience.

Le style très particulier, pas toujours facile à suivre, renforce ce sentiment de plongée abyssale dans la pensée du protagoniste. Les phrases sont très longues et les points sont presque inexistants. On plonge, on retiens son souffle, on s’enfonce, on peut plus respirer, arriverons nous au bout, ça y est on est perdu et… ouf ! J’ai compris. J’ai compris ? Pas sûr, mais j’ai ressenti.

Un style étrange auquel je ne suis pas habituée qui m’a parfois troublé, parfois perdu, mais qui finalement m’a séduite. Je ressors de cette lecture ravie. Je fini à peine le roman. Il va va maintenant falloir le digérer. Et j’ai le sentiment qu’il m’en restera quelque chose, pas seulement le souvenir une bonne lecture.

 Mais si je dois être tout à fait honnête, à la lecture de ce roman j’ai éprouvé du plaisir, de l’intérêt mais aussi de la jalousie ! Aribit semble trop érudit pour moi. Les nombreuses références je ne les ai pas toutes comprises. Et les mots savant qui parsèment le texte, je ne les ai pas mieux compris que les citations en basque ! Pourtant je n’ai pas eu le sentiment (comme ça m’arrive souvent quand je lis des auteurs français) qu’il étale son savoir. Cela à plutôt éveillé ma curiosité.

Là il est temps que j’arrête mes bavardages pour laisser parler le texte de lui même. J’ai choisit un extrait que je trouve très représentatif du style :

Les matraques se mirent à pleuvoir sur les cheveux long, brun, blond ou blanc, averse de cailloux réglementaires sur crânes nus, belle bastonnade bleue, et ça cognait de tous côté alors qu’on ouvrait les portes pour faire dégager tout le monde, Erik m’avait attrapé le bras tandis que j’essayais de me protéger la tête devant les premiers flics qui approchaient, leur bâtons luisants à la main, il m’entraîna vers la sortie en esquivant les coup qui pleuvaient, haie d’honneur barbare, de part et d’autre de la double porte, mais j’eus le temps de voir cette femme, elle était coincée entre l’un des battants de la porte ouverte et le mur, sans doute elle avait cherché la sortie et deux flics l’avaient stoppée net dans cet étroit corridor, quel âge avait-elle je ne sais pas, plus vieille qu’Amitxi en tout cas, oui, était-ce la grand-mère de Pantoxoa, son visage ruisselait de sang sous les coups des deux représentants des forces de l’ordre casqué, bottés, gantés de cuir, qui n’avaient pas de grand-mère, n’en avaient jamais eu, n’en auraient plus jamais, et elle qui hurlait pleurait se débattait devant leur équipements, leurs heures d’entraînement, leur fière soldatesque indifférente et tous camps confondus qui avait déjà emmuré Antigone et allait bientôt violer Nawal Marwan, le sang coulait entre ses yeux et sa bouche, les coups n’en finissaient pas de tomber dans la cohue ahurie, ils visaient maintenant le bas-ventre, frappant consciencieusement, de haut en bas, de bas en haut, comme sur les schémas du manuel, comme sur les mannequins en plastique du stage de perfectionnement, de bas en haut, de haut en bas, et de toute la force légale de leurs bras d’hommes légaux au beau milieu des cris et du tumulte, mais Erik me poussa une dernière fois et enfin je.


Le coin des curieux :

Ah ! ça fessait un moment que je n’avais pas pris le temps de m’offrir un petit coin pour les curieux de mon espèce. Dans le livre il y a tant de choses qui mériterais de figurer ici. Tant de mots, tant de références… Je me contenterais de partager quelques basqueries découvertes grâce à cette lecture.

Txalaparta

Ce qui suivent ce blog connaissent mon goût pour la musique du monde, alors quand il a été question d’un instrument de musique basque j’ai tout de suite eu envie de savoir à quoi ressemble cet instrument.

La txalaparta est une sorte de xylophone en bois qui se joue à deux en tapant sur les planches de bois avec des sortes de pilons.

J’ai cherché quelques vidéo et je suis tombé sur un duo assez bleffant. J’ai visionné bien d’autres vidéo où le résultat final relevait bien plus de la cacophonie que de la musique mais ici j’aime beaucoup !

Bertsulari

Pour savoir ce que c’est, je vous laisse regarder cette vidéo qui explique plutôt bien 🙂

https://www.youtube.com/watch?v=Cu1L2Hb99KU

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L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

Je n’ai pas l’habitude d’acheter les romans dès leur sortie, généralement j’attend de les voir en format poche. Je préfères. Mais là, challenge 1% aidant, je n’ai pas pu résister au tout nouveau Haruki Murakami. Si ma première rencontre avec cet auteur à été un peu ardue (je n’ai jamais fini le premier tome de 19Q4), les deux romans que j’ai lu après (La ballade de l’impossible, Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil) m’ont procuré beaucoup de plaisir. Ceci dit, j’ai un rapport étrange avec ses livres. J’aimais l’histoire de 19Q4 mais je n’ai pas réussi à le finir. Je n’aimais ni l’histoire, ni les personnages de ces deux autres romans pourtant je les ai dévorés. Il y a dans sa façon d’écrire quelque chose qui me captive et qui fait que je continue à lire malgré l’antipathie que j’éprouve pour les personnages.

Fort de cette expérience étrange, j’étais très curieuse de découvrir ce nouveau roman et de savoir quel effet il aurait sur moi.

Avant d’aller plus loin, quelques mots sur l’histoire de L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage.

Tsukuru Tazaki s’était lié d’une très forte amitié avec 4 autres jeunes lycéens. Durant leurs années de lycée, les 5 amis étaient inséparables, formant un groupe très harmonieux. Mais alors qu’après le lycée il quitte sa ville natale pour aller étudier à Tokyo, ses amis décident brusquement, et sans préavis, de couper les ponts avec lui. Il ne veulent plus ni le voir, ni lui parler. Le choc est brutal. Tsukuru sombre dans la dépression et fricote avec la mort. Mais la vie continue. Et il reprend le dessus, même si au fond de lui la blessure est toujours ouverte. Il a 38 ans quand il rencontre Sara. Pour la première fois de sa vie il pense être amoureux. Sara veut qu’il fasse le ménage dans son passé et qu’il retrouve ses amis pour comprendre ce qui a pu se passer.

Comme à son habitude, Murakami ne suit pas un fil chronologique. On passe d’une période de la vie de Tsukuru à une autre. Du passé au présent. D’un passé lointain à un passé plus récent. Si au début on peut se sentir un peu perdu dans ces bonds temporels, très vite on s’habitue. Et dès les premières phrases du chapitre on comprend dans quelle période on se situe. Murakami arrive à très bien maîtrises ces allées-retours dans la vie de son personnage. Et si j’en ai quelque fois éprouvé de la frustration (on veut savoir ce qui va se passer après telle conversation, et nous voilà propulsé des années en arrière, bien loin de la conversation qui a eu lieu au chapitre précédent), cette distorsion temporelle permet d’éviter l’ennui. Car la vie de Tsukuru n’est pas vraiment palpitante. Traumatisante pour lui certes, mais très banale dans son déroulement. Il se lève, il mange, il travaille… Il vit. Ou plutôt il survit dans un monde hostile. Seul. Presque. Ce qui sauve Tsuzuku, c’est son caractère mais aussi ses rencontres. Il n’est finalement pas aussi solitaire qu’il le crois. L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage nous compte comment un homme profondément blessé, continue de vivre.

Si l’amour joue toujours ici un rôle important, contrairement à La balade de l’impossible et Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil l’amour n’est pas le personnage principal du récit. Ce qui fait que ce roman a eu plus d’impacte sur moi que les précédents. Dans les deux autres livres, j’avais aimé le style mais détesté les personnages, ici j’ai aimé Tsukuru.

Pourquoi ? Peut-être parce que Tsukuru Tazaki c’est moi. Je me suis beaucoup identifié à ce personnage au point de parfois perdre le fil du recit et me retrouver dans celui de ma propres vie. Il m’a fallu quelques chapitre pour vraiment entrer dans la vie de Tsukuru et oublier à quel point il me ressemble. C’est sans doute cette ressemblance qui m’a permis de tout de suite ressentir de l’empathie pour Tsukuru. Je voulais le connaitre. En cela, j’aime tout particulièrement l’écriture de Murakami qui nous fait pénétrer au plus profond de l’intimité de ses personnages. C’est cette intimité qui se crée au fil du récit entre le personnage et le lecteur qui me rend accro à ses livres. Mais dans les précédents romans j’éprouvais une certaine antipathie pour les personnages principaux, peut-être à cause de leur excès de romantisme. Tout comme Tsukuru, les personnages des 2 autres romans cités plus haut avancent dans les brouillard, entre la vie et la mort, entre le rêve et la réalité. Il sont comme en marge de la vie, en marge de la société dont le rythme ou la strucutre ne leur convient pas. Cette vision border-line me fait entrer en empathie avec eux, mais l’Amour est trop présent, trop oppressant. Dans L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, l’amour est là, et il est salvateur. Mais il est plus discret. Tsukuru est un solitaire, du moins c’est ce dont il s’est persuadé. Alors l’amour c’est pas pour lui. Mais finalement il se laisse apprivoiser par ce sentiment nouveau. Ce cheminement progressif vers l’amour m’a touché, bien plus que l’amour dévorant et dévastateur des précédents romans.

Bref j’ai adoré ce roman, j’ai éprouvé beaucoup d’affection pour son personnage. Et, contrairement aux deux autres j’ai trouvé ce livre très positif. Il y a de la tristesse et de la solitude, mais il y a une force positive qui pousse à aller de l’avant, à garder les yeux ouvert et à se laisser apprivoiser par l’amour. Est-ce ce roman, ou moi qui devient plus romantique ? Je ne pourrais pas trancher. En tout cas ce roman est indéniablement un coup de cœur de cette rentrée littéraire 2014, que je ne regrette pas un instant. 

LIRE UN EXTRAIT


Le coin des curieux :

Ah! mais ça fait une éternité que j’ai pas fait un petit coin pour les curieux 😉

Comme je l’exprimais dans la chronique sur La balade de l’impossible, une détail qui m’a tout de suite marqué chez Murakami, c’est l’omniprésence de la musique dans ses récit. Celle-ci venant même s’immiscer dans les titres de ses romans. C’est le cas ici, les années de pèlerinage fait référence aux Années de pèlerinage de Liszt. Un disque que Tsukuru écoute à plusieurs reprises dans le livre.

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Hors-service ~ Solja Krapu

Pour la deuxième étape de mon tours d’Europe, je m’arrête, le temps d’un roman, en Suède. Et ce voyage je le fait en compagnie de Solja Krapu.

L’histoire :

Eva-Lena est professeur d’anglais et de suédois au collège. Mariée, 3 enfants, un jolis pavillon en banlieue… Elle a tout pour être heureuse. Mais l’est-elle réellement ?

Un vendredi soir, elle se rend au collège pour faire des photocopies, histoire de s’avancer pour lundi… Sauf que la porte du cagibi ne s’ouvre plus ! On est vendredi soir, le collège est désert. Il n’y aura personne avant lundi matin ! Quelqu’un va venir la sauver, Eva-Lena en est convaincu, du moins au début. Mais le temps passe et personne ne vient. Ce huis clos forcé avec elle-même va être l’occasion de faire le point sur sa vie.

L’auteur :

Suédoise d’origine finlandaise, née en 1960, Solja Krapu est auteur de livres pour enfants et poétesse, un des pilier du mouvement de poésie slam en Suède.

édition Gaïa

Alors, ça donne quoi ?

Je ne connaissez absolument pas cette auteure, il faut dire que moi la littératures scandinave, je ne m’y intéresse pas vraiment. C’est en cherchant (avec l’aide de Yomu-chan) des titres pour le challenge l’Union Européenne en 28 livres que je suis tombée sur ce titre. Le pitch semblait amusant, alors pourquoi pas ?

Et bien, autant vous le dire tout de suite : j’ai adoré ! Rien que pour avoir découvert ce livre je suis heureuse de m’être inscrite à ce challenge (j’en profite au passage pour remercier l’équipe de Have a break, have a book à l’origine du challenge). C’est pour découvrir des livres que sans ça je n’aurais jamais lu que j’ai eu envie d’y participer. Et là je suis pleinement satisfaite. Non seulement j’ai décuvent un auteur que je ne connaissez absolument pas, mais en plus je suis tombée sous son charme. Dommage qu’il y ai pas d’autres livres d’elle disponibles en français… (ça c’est un petit message subliminal pour son éditeur français, les éditions Gaïa, deuxième livre que je découvre chez eux, deuxième bonne surprise !)

Mais revenons à nos moutons ! Je ne veux pas trop m’emballer, en dire trop de bien, de peur qu’après vous soyez déçu. Chaque livre est un dialogue personnel et peut-être ne parlera-t-il pas à tout le monde comme il m’a parlé.

En dehors de intrigue, qui est concasse faut l’admettre, ce que j’ai beaucoup aimé c’est le style. Très vivant, très dynamique. Pas un instant on ne s’ennuie, alors même qu’on ne nous raconte rien de bien passionnant. Ici tout est dans l’art de raconter. Au début j’était un peu déstabilisée car on change régulièrement de point de vue. Eva-Lena nous parle à la première personne (ou plutôt elle se parle) puis c’est au tour d’un narrateur subjectif de nos raconter tel ou tel événement vu par tel ou tel autre personnage (même si Eva-Lena reste le pivot principal du récit). Si l’auteure joue avec les points de vues, elle joue aussi avec le temps. Le récit ne suis pas un ordre chronologique, il fait des bonds en avant et en arrière sans toujours nous indiquer à quel moment la scène se déroule. C’est à nous de e déduire en fonction de ce qui est dit. C’est ces allés-retours, ces changements qui rendent le récit dynamique et intéressant.

Prise au piège dans le local de la photocopieuse, Eva-Lena est en quelques sorte forcé à l’introspection. Mais son dialogue avec elle-même est entrecoupé de différentes scène qui nous amènent à comprendre petit à petit comment elle en est arrivé là (dans ce cagibi, mais surtout dans cet état d’esprit).

Eva-Lena est un personnage attachant, un peu pathétique, mais attachant. Par certains aspect je me suis identifié à elle et j’éprouvé de l’affection pour cette femme si intransigeante avec elle-même. Son amie Aurora est envoûtante, sympathique, dynamique et joviale, une amie comme on aimerait en avoir. Les hommes sont plus effacé, présent surtout par ceux qu’ils inspirent aux femmes.

Les élèves du collège occupent également une place important dans ce récit qui nous parle beaucoup du métier d’enseignant. Une réflexion intéressante sur leur rôle, mais aussi sur leur façon de vivre ce rôle se cache derrière les mésaventures d’Eva-Lena.

Que dire de plus. Un très bon roman, comme je les aime. Avec une langue vivante qui ne s’embarrasse pas du superflu, un bon rythme, des personnages sympa… Bref j’ai fait un super voyage et je suis prête à remettre ça !

Bonne route à tous et à bientôt pour une nouvelle étape

-_-_-_-

La première étape du voyage : République Tchéque avec Lettre au père de Kafka

-_-_-_-

Suède
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Saudade ~ Jean-Paul Delfino

Ce roman nous amène dans le Brésil du XIX. L’ambiantation est bien détaillé, très détaillé. Trop détaillé ! Je dois l’avouer, finir ce livre m’ a coûté. Parfois les trop longues descriptions et la langue ampoulé me donnaient envie de le refermer, définitivement ! Mais, obstinément, j’ai tourné les pages et en le refermant après avoir lu sa dernière page je n’avais pas de regret. Il n’y a pas à dire, ce livre est trop long et bien des passages auraient pu être éliminé, mais j’ai pris du plaisir à sa lecture.

Abstraction faite de ces longues envolées descriptives où plus de deux pages sont nécessaires pour décrire le bruit de la rue, où les description architecturales tombent sur une scène d’action comme un cheveu sur la soupe, j’ai aimé le fond. J’ai aimé les personnages et découvrir l’Histoire du pays à travers leurs destins croisés. Je me suis vite attaché à Marina et Chico Zumbi, à la grosse Rosa, à Don Pedro II, dernier empereur du Brésil. Je me suis attaché à ce Brésil du XIX siècle en pleine métamorphose.

Pour conclure, un livre intéressant, avec de bon personnages, mais qui aurait mérité d’être délesté d’une bonne centaine de pages.

challenge lecture aux couleurs du brésil
catégorie : livre qui nous parle du Brésil

Jean-Paule Delfino, Saudade, Le Passage, 2014

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