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Calpurnia [bande dessinée]

C’est par une fin d’après-midi, douce et agréable, à l’ombre d’un prunier, que j’ai enfin pris le temps de lire et apprécier le premier tome de Calpurnia, une bande dessinée de Dalphné Collignon (d’après le roman de Jacqueline Kelly) sorti récemment chez Rue de Sèvres.

Le cadre bucolique de mon jardin offrait l’écrin idéal pour une lecture très… naturaliste !

Calpurnia est une jeune fille de 13 qui vit au Texas avec sa famille. Une famille bourgeoise du XIX. Le père possède une petite plantation, le grand-père passe ses journées dans son laboratoire au fond du jardin, la mère mène à la baguette cette maison que Calpurnia partage avec ses 6 frères. 6 frères !! Un cadre qui, au grand dam de la mère, ne favorise pas la féminité de sa fille. Si sa mère rêve de faire de Calpurnia une jeune fille bien élevée, jouant du piano et ayant une conduite impeccable, Calpurnia préfère de loin gambader dans la forêt et observer les animaux. Calpurnia veut devenir naturaliste.

Tout commence comme un jeu, quand le grand frère adoré offre à Calpurnia un beau cahier pour jouer à l’apprenti naturaliste. La jeune fille se prend au jeu et chaque jour y note ses observations, mais un jour, une question l’obsède, pourquoi y a-t-il de plus en plus de sauterelles jaunes et de moins en moins de vertes ? Pour trouver une réponse, Calpurnia se tourne vers cet étrange grand-père qui l’impressionne et la rencontre entre les deux se fait enfin. Calpurnia découvre un grand-père érudit qui aime partager son savoir. Le grand-père découvre que Calpurnia a un sens de l’observation aiguisé et une véritable envie d’apprendre. À partir de ce moment, les deux vont passer de plus en plus de temps ensemble à observer la nature.

Entre un papillon et une fleur, notre apprentie naturaliste nous raconte, un peu à la façon d’un journal, sa vie de famille. Les béguins de ses frères, les villes histoires du grand-père, l’école… C’est par petites touches que l’on découvre la vie de la jeune fille et celle de la bourgeoisie rurale du Texas de l’époque.

J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée, qui est à la fois légère et intelligente. Calpurnia est une jeune fille très attachante, curieuse et forte, loin de se contenter d’un avenir de potiche que pourrait lui réserver sa condition de fille, elle a des rêves. Elle veut devenir naturaliste, et s’intéresse aux sciences bien plus qu’à la mode. Et dans sa soif de savoir, elle trouve des alliés. Dans sa famille, hormis peut-être la mère qui aimerait qu’elle soit plus sage, personne ne semble s’offusquer de l’ambition de la jeune fille. Le grand-père décide même de nourrir sa curiosité en l’amenant avec lui lors de ses sessions d’observation.

Les voir observer la nature donne d’ailleurs envie de les imiter. Ou peut-être est-ce simplement parce que j’ai aussi ce penchant que j’ai trouvé cet aspect du livre très agréable ? Quoi qu’il en soit, j’ai trouvais ça plaisant d’observer une héroïne qui aime les insectes.

Mais il n’y a pas que le naturalisme dans la vie de Calpurnia, les petites anecdotes de familles sont aussi touchantes et amusantes. J’ai beaucoup aimé l’histoire du grand-père et de la chauve-souri.

Le dessin, noir blanc et sépia, rappelle un peu l’ambiance des vieux albums photo, nous ramenant en un clin d’œil à l’époque du récit. Le récit s’articule comme un journal intime et nous feuilletons cet album comme si nous avions entre les mains le cahier de Calpurnia, nous y trouvons les cases traditionnelles de la bande dessinée, mais aussi les descriptions et les croquis qu’aurait fait la jeune fille. Le tout est bien dosé et rend la lecture agréable et ludique.

Une très jolie bande dessinée, un album épais qui ne nous laisse pas sur notre faim, mais qui donne quand même envie de lire la suite, de retrouver Calpurnia et ses observations naturalistes.

L’album m’a également donné envie de découvrir le roman. J’ai hâte de voir ce que Mimiko va penser de cette bande dessinée.

Calpurnia, tome 1 sur le site Rue de Sèvres

le roman publié chez l’école des loisirs

le site de Daphné Collignon


Challenge un max de BD en 2018 challenge petit BAC 2018

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Lizzie Martin, meurtre et tasses de thé

Je viens de lire le premier volet des aventures de Lizzie Martin de Ann Granger: Un intérêt particulier pour les mort et je suis conquise.

Je ne m’attarderais pas longtemps sur le pitch qui est somme tout assez simple : Lizzie, fille de médecin provinciale restée sans le sous à la mort de son père, gagne Londres pour y travailler comme dame de compagnie. Nous sommes en 1864 et la révolutions industrielle bat son plein transformant la ville et toute la société à grande vitesse. A peine arrivée à Londres Lizzie se trouve mêlée à une histoire de meurtre.

construction du métro de Londres en 1867

Le meurtre est ici plus un prétexte pour suivre Lizzie dans cette société londonienne en pleine mutation qu’une enquête palpitante, bien que je me soie prise au jeu et aie tenté de deviner qui pouvait être le meurtrier. Ce que j’ai aimé avant tout c’est le contexte dans lequel évolue l’héroïne et son décalage par rapport au comportement qu’on attends d’elle en tant que jeune femme de bonne famille.

parodie de la robe à crinoline des années 1860

Le récit, bien que léger et fluide, est richement saupoudré de détails soulignant les avancées scientifiques de l’époque (on cite Pasteur ou encore Darwin), les conditions de travail, la vie de Londres dans divers quartiers… Sans jamais devenir rébarbatifs, tous ces détails rendent le contexte très réaliste et vivant. On a vraiment l’impression d’y être et c’est très agréable. Cela donne aussi un ton un peu plus intelligent. Tout en se distrayant on apprends des choses sur le Londres du XIX siècle.

Darwin en 1860

Après le décors, les héros. Tous les personnages sont bien construit. si certains sont vraiment caricaturaux, leur présence apporte une touche d’humour et rendent le récit plus léger sans pour autant tomber dans le ridicule. Le cliché est très bien exploité et Lizzie est mise en valeur par ces personnages secondaires un peu grotesques (tout en étant très vraisemblables ! après tout les gens grotesques aux idées étroites il y en a plein les rues et la pauvre Lizzie à bien du mal à refréner son envie de leur clouer le bec).

Lizzie est une jeune femme intelligente et libre et qui a bien du mal à ce plier aux exigences de la société qui attends d’elle qu’elle se taise. Pas question pour elle de se faire humilier par des odieux patriarches hypocrites ! Ayant reçu une éducation particulière par un père humaniste et progressiste, elle est en avance sur son temps, se soucie des petites gens et ne fait que peu de cas de la bienséance bourgeoise. Son esprit vif et rebelle, son sens de la répartie la rendent particulièrement sympathique.

robes de 1864

Quant au style, je n’ai aucunement les compétences requises pour en faire la critique. Je dirais seulement que l’écriture est très fluide, c’est plaisant à lire. L’alternance entre le point de vue de l’héroïne et celui du commissaire en charge de l’enquête donne un bon rythme à l’ensemble.

Bref un petit livre très sympa à lire, parfait pour se détendre sans se prendre la tête sans pour autant tomber dans la niaiserie. A déguster avec une bonne tasse de thé, of course !

Garrick Club King St Covent Garden Illustrated London News 1864

Un intérêt particulier pour les mort est le premier volet d’une série de 5 tomas ayant comme personnage principal Lizzie Martin. Pour en savoir plus sur cette série, visitez le site de l’éditeur : 10/18, collection Grands détectives, sur les 5 tomes 4 sont disponibles en français. A découvrir aussi (en anglais) site de l’auteur.

⇒ Lire un extrait


Le coin de curieux :

Sir Robert Peel

Pour la petite histoire, l’enquête est menée par un jeune commissaire de Scotland Yard, police métropolitaine de Londres. Celle-ci a été fondé en 1829 par Sir Robert Peel. Dans le roman on fait grand cas du nouveau casque bombé qui les policiers viennent d’adopter.

Les images de mode viennent d’un intéressant article sur la mode victorienne que vous trouverez ICI.

Pour voir d’autres photo de Londres au XIX, faite un tours par LA.

Pour tout savoir sur l’histoire de Scotland Yard allez sur le site de Metropolitan Police

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